Reggae : les archives disponibles  posté le vendredi 19 mai 2006 19:58

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Reggae: chroniques disques


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INTRODUCTION:   INTRODUCTION - Reggae et Descendance

1990-2002
chronique album: Bob Marley & the Wailers - Complete Wailers 1967-1972 : Soul Adventurer (2002)
chronique album: Various Artists - Trojan Roots Box Set (1999)
chronique album: Bob Marley & the Wailers - Complete Wailers 1967-1972 Part III (1998)
chronique album: Bob Marley & the Wailers - Complete Wailers 1967-1972 Part II (1997)
chronique album: Bob Marley & the Wailers - Complete Wailers 1967-1972 Part I (1997)
chronique album: Israel Vibration : Live Again ! (1997)
chronique album: Israel Vibration : Free To Move (1996)
chronique album: Horace Andy : Skylarking (1996)
chronique album: Pablo Moses : The Confession Of A Rastaman (1993)
chronique album: Burning Spear : The World Should Know (1993)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Songs Of Freedom (coffret 4 CDs, 1992)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Talkin Blues (1991)

1980-1989
chronique album: Ziggy Marley & the Melody Makers : One Bright Day (1989)
chronique album: Burning Spear : Resistance (1986)
chronique album: Burning Spear : People Of The World (1986)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Confrontation (1983)
chronique album: Burning Spear : The Fittest Of The Fittest (1983)
chronique album: Black Uhuru : Anthem (1983)
chronique album: Burning Spear : Farover (1982)
chronique album: Gainsbourg : Mauvaises Nouvelles Des Étoiles (1981)
chronique album: Black Uhuru : Red (1981)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Uprising (1980)
chronique album: Burning Spear : Hail H.I.M (1980)
chronique album: Black Uhuru : Sinsemilla (1980)

1970-1979
chronique album: Steel Pulse : Tribute To The Martyrs (1979)
chronique album: Peter Tosh : Mystic Man (1979)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Survival (1979)
chronique album: The Gladiators : Sweet So Till (1979)
chronique album: Peter Tosh : Bush Doctor (1978)
chronique album: Steel Pulse : Handsworth Revolution (1978)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Babylon By Bus (1978)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Kaya (1978)
chronique album: The Gladiators : Proverbial Reggae (1978)
chronique album: Peter Tosh : Equal Rights (1977)
chronique album: Third World : 96° In The Shade (1977)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Exodus (1977)
chronique album: Culture : Two Sevens Clash (1977)
chronique album: Burning Spear : Dry And Heavy (1977)
chronique album: Bunny Wailer : Blackheart Man (1976)
chronique album: Toots & the Maytals : Funky Kingston (1976)
chronique album: Max Romeo & the Upsetters : War Ina Babylon (1976)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Rastaman Vibration (1976)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Live At The Lyceum (1975)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Natty Dread (1974)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Burnin (1973)
chronique album: Bob Marley & the Wailers : Catch a Fire (1972)

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INTRODUCTION : Reggae & Descendance  posté le vendredi 19 mai 2006 19:57

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, INTRODUCTION : Reggae & Descendance

INTRODUCTION


Il existe une troublante similitude entre le reggae et la naissance de notre univers, deux big-bangs. Sur une petite île des Caraïbes est né un son d'une singulière gravité. Sa naissance serait liée aux différents accidents d'histoire que ce petit territoire tropical a subis depuis quatre cents ans, qu'ils s'appellent invasion, génocide, esclavage, colonialisme ou ultralibéralisme.

Cette macération d'outrages et de douleurs trouve une expression à l'intérieur d'un ensemble rythmique et poétique, lui-même fruit d'une longue rencontre de courants, d'influences et de brassages.

Le reggae, à l'amorce du dernier quart de ce siècle, libère ainsi une part importante et refoulée de notre histoire à tous. Cette vérité se fait d'autant plus obsédante qu'elle est martelée en rythme et que ceux qui l'assènent ont la témérité de relier leur propre sort à l'ensemble de la destinée humaine. Il n'en faut pas plus pour engendrer une culture, un ensemble de pratiques artistiques, de manifestations symboliques, une prolifération anarchique de formes qui sont rattachées à un unique point d'origine.

Pourquoi la Jamaïque, pourquoi le reggae ? Sans doute parce qu'on trouve dans cette musique des racines profondément enfouies dans un passé africain immémorial et une vocation presque naturelle, biologique, à les voir muter. Si bien qu'aujourd'hui le reggae existe même là où il n'apparaît pas. Le hip-hop, le trip-hop, la drum'n'bass, la techno, tous ces courants ont le reggae pour plus petit dénominateur commun.

On appelle ça une musique mère. Le blues en était une qui, partant du delta du Mississippi, a remonté le fleuve, imprégné les campagnes, inondé les villes, s'est disséminé au gré des vents et des rencontres. Aujourd'hui, le phénomène se répète. Sans le sampling dub de King Tubby et le sound-system de U Roy, le rap n'aurait jamais existé. Sans cette rupture qui fait que le technicien et le DJ deviennent les maîtres de cérémonie, la techno n'a pas lieu d'être. Même sous son apparence la plus domestiquée de chansons de grande consommation, type Do you really want to hurt me? de Culture Club ou Roxanne de Police, le reggae semble mener la danse.

Entre Kingston, la source, et Londres, laboratoire où toutes les expériences sont possibles, le voyage a mené ce rythme sur tous les continents et, avec lui, sa vision du monde très particulière. Car à sa singularité foncière de musique extrêmement compatible s'ajoute la présence d'une tradition messianique et militante, développée par Bob Marley, Burning Spear, voire Jimmy Cliff, qui a initié un vaste et diffus mouvement de revendications, qu'il s'agisse de faire valoir une identité ou un droit grâce à la musique.

Hier, Bob Marley produisait la première étincelle d'une révolution dont personne ne pouvait soupçonner la portée. Aujourd'hui, celle-ci semble avoir mis le monde au pas d'une danse ignorant les frontières autant que les styles.

Francis Dordor
dans Les Inrockuptibles n°159 08 juillet 1998
© 1998 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.

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Bob Marley & the Wailers : The Complete Wailers 1967 to 1972 Soul Adventurer (2002)  posté le vendredi 19 mai 2006 19:56

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Genre  :  Reggae Jamaica
Note :  ***


Soul Adventurer contient des titres rares réalisés avec Lee “Scratch” Perry, sauf trois gravés pour Tuff Gong. Ce nouvel album d’une qualité exceptionnelle révèle les ultimes versions inédites de titres connus. Variante des paroles de Soul Rebel, prise inouïe de Don’t Rock My Boat (futur Satisfy My Soul), sans doute la plus dynamique de toutes. Sun Is Shining, un sommet de la période, est présenté ici dans une déstabilisante version DJ : Johnny Lover – vendeur à la petite boutique Tuff Gong – et un Tosh complice psalmodient rasta style face aux deux autres Wailers, annonçant, dès 1971, l’avènement du rap. L’apothéose de la série est peut-être cette seule rencontre enregistrée entre Bob Marley et U Roy, l’inventeur du toast en personne, qui s’affrontent sur la rythmique de Trench Town Rock. Ce 45t aussi rarissime qu’exquis ressurgit enfin du néant. Une version différente de Concrete Jungle, des versions intégrales de titres précédemment tronqués (Put It On), et un remix dans l’esprit dub de la version chantée de Man to Man (futur Who the Cap Fit), complètent le tableau. Les versions longues de Rainbow Country (Bob déchaîné sur plus de six minutes de chant) et Natural Mystic, les deux premiers reggaes avec batterie électronique (un an après Kraftwerk…) achèvent de rendre ce recueil indispensable. Le génie de Marley, bientôt révélé hors de Jamaïque par Catch a Fire, est déjà bien là.

Service Musiques dans Les Inrockuptibles
    Hors série Bob Marley du 1er juin 2002
© 2002 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.

C’est l’ultime album de cette prodigieuse série. Il réunit les derniers titres de la période 1967-1972. Des inédits, en grande partie. Il aurait pu être le plus mauvais et ne compter que des fonds de tiroirs improbables et inintéressants. Il est en fait l’un des meilleurs et ne comporte que des perles fines. Il clôt magnifiquement ce voyage musical (une dizaine d’heures de bandes au total) dans l’oeuvre jamaïcaine du jeune Marley.
On trouve des variantes des plus grands titres de la période, les superbes «Concrete Jungle», «Soul Rebel» et «Keep On Moving», par exemple. Par ailleurs, on peut entendre les versions longues de «Reaction», «No Sympathy» et de «Rainbow Country». Les enregistrements de cette époque sont souvent très courts, ils durent parfois moins de deux minutes. Ces versions longues sont donc les bienvenues. Enfin, il compte quelques versions deejay vraiment admirables. D’abord il y a «Trenchtown Rock», avec U-Roy. C’est le seul enregistrement connu des Wailers au côté de l’inventeur du toast. Ces improvisations chaloupées, ponctuées par ces fameux «Huu !» et autre « Heyy !» perçants, sont entrecoupées par les choeurs délicieux des Wailers. Un des grands moments de l’aventure musicale jamaïcaine ! La version de «Sun Is Shining», avec Johnny Lover, est peut-être moins brillante, mais possède une profondeur saisissante. C’est probablement la plus grande chanson de Marley écrite à l’époque. Découvrir cette version inédite, où un deejay inconnu vient psalmodier sur ce riddim lancinant, devrait émouvoir aux larmes le plus tuff des bad boys ! Johnny Lover était le vendeur de la boutique de disques des Wailers. Il restera pour nous l’animateur merveilleux d’un «Sun Is Shining» plombé de nuit.

Nicolas Pradat dans Reggae Magazine
    n°21 spécial Bob Marley de l'été 2003
© 2003 Reggae Magazine. Tous droits réservés.

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Various Artist : Trojan Roots Box Set (Compilation, 1999)  posté le vendredi 19 mai 2006 19:52

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Genre  :  Reggae Jamaica
Note :  ****


Les petits veinards qui auront le privilège d’acquérir ce coffret ne seront pas déçus. Les cinquante titres compilés ici nous donnent un échantillon du meilleur du roots jamaïquain. Bien sûr, cette compilation n’a pas vocation d’exhaustivité mais permet plutôt aux curieux de s’initier avec le climat de ferveur religieuse qui s’est emparé du reggae à la fin des 60’s pour s’imposer comme un de ses genres dominants. Vocable ambigu, le mot roots décrit à l’origine les textes abordant les thèmes religieux du rastafarianisme et ses dérivés plutôt qu’un genre musical particulier. Cette thématique mystique se déclina indifféremment sur des “original reggae” comme Condition Bad A Yard des Ethiopians aussi bien que sur le Ghetto Living des Mighty Diamonds à l’aube des 80’s, s’adaptant au fil du temps aux diverses mutations de la rythmique. Les puristes parlent actuellement de textes “conscious” tandis que le “grand” public associe toujours au terme roots un genre musical typiquement 70’s fortement connoté baba-cool. En tout cas, l’occasion nous est donnée de redécouvrir quelques perles comme Burn Babylon de Sylford Walker, Milk and Honey de Lizzard et autres Babylon A Fall Down des Velvets Shadows, artistes rares à plus d’un titre. Un détail : un livret n’aurait pas été de trop pour mener à bien cette homérique rétrospective.


Bruno Debord dans Ragga (Hors série Groove) n°04 juin 1999
© Groove 1999 . Tous droits réservés.

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Bob Marley & the Wailers : The Complete Wailers 1967 to 1972 Part III (1998)  posté le vendredi 19 mai 2006 19:48

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Genre  :  Reggae Jamaica
Note :  ****


Comme dans toutes bonnes séries qui se respecte, la fin doit éclabousser les mirettes... En tant que géniteur (heureux) de cette collection, Bruno Blum achève son parcours du combattant de façon éblouissante ! Ce troisième coffret (double CD) survole la période 1971/1972 du travail des Wailers. La première partie met en avant la collaboration entre le trio et Lee “Scratch” Perry. On y découvre les balbutiements de futurs tubes, des versions alternatives (“Concrete jungle”, “Keep on moving”, “Satisfy my soul”) toujours bonifiées des dubs versions. Voilà une parfaite initiation à la culture musicale jamaïquaine. En seconde partie, l’essentiel des enregistrements est dirigé par les trois rastas, dans la droite lignée de ces prédécesseurs. Ces 45t sont magiques et point besoin de vous rabâcher le derrière des oreilles, si ce n’est vous dire que le prix est dérisoire ! Faudrait être fou ou vivre sur Mars pour ne pas craquer...

Captain Bob
dans Groove n°17 de Juin 1998
© 1998 Groove. Tous droits réservés.

Cd 1 :: KEEP ON SKANKING
Sur cet album Keep On Skanking (to skank signifiant danser), on découvre encore des titres aussi magnifiques que méconnus, toujours dirigés par Lee Perry (la version originale de Concrete Jungle, un mix suprême de All in One avec la voix de Perry). Quelques titres Tuff Gong, financés par le groupe, étaient enregistrés dans les mêmes studios avec les mêmes musiciens : Comma Comma, le bouleversant Send Me That Love, le rarissime Satisfy My Soul Babe (rien à voir avec le tube Satisfy My Soul) et une troisième prise bien différente de Screwface. On découvre ici le fantastique dub du classique Keep On Moving remixé en 1977 par Scratch : noyé dans la réverb, il acquiert une dimension autre. Une version avec le DJ Wung Chu au micro, publiée sur le maxi 45t à l’époque, démontre brillamment les innovations radicales des remix dub et des versions DJ dont le reggae fut le terrain privilégié. Le vrai son du reggae jamaïcain millésimé !

Cd 2 :: SATISFY MY SOUL JAH JAH
Cet album mélange des titres produits et réalisés par Bob Marley pour sa marque Tuff Gong et des morceaux réalisés par Johnny Nash. Avec les premières versions de Lively Up Yourself, d’où émerge le solo de saxophone du géant Tommy McCook, voici un dub de Trench Town Rock ainsi que des remix délirants des mystiques Trouble on the Road Again et Feel Alright. Bob Marley est indéniablement à la recherche d’une nouvelle direction. Pour Down the Sunshine, titre inconnu jusqu’alors, est une rechute pop.
En 1971, l’acteur et chanteur américain Johnny Nash enrôle Bob dans un projet de bande de film en Suède. Bien qu’inférieur, cet album contient les sept titres que Bob, parti à l’aventure à Londres, a enregistrés en 1972 pour les disques Columbia accompagné par des musiciens afro-britanniques, américain (Rabbit) et antillais. Décidé à percer, il commet ainsi un reggae-rock, Reggae on Broadway, trahissant un fantasme récurrent pour le succès à l’américaine - dont l’approximatif Dance Do the Reggae est une autre séquelle. Cet album-document résiste pourtant grâce à de beaux dubs et à une perle, Gonna Get You.

Service Musiques dans Les Inrockuptibles
    Hors série Bob Marley du 1er juin 2002
© 2002 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.

Cd 1 :: KEEP ON SKANKING   1971-1972
En Jamaïque, «to skank» veut dire «danser» mais désigne aussi la pompe rythmique propre à la musique locale. Comme si le fait d’avoir des picotements dans les jambes était dû de façon intime à cette accentuation rythmique du reggae. En ce sens cet opus ne pouvait trouver meilleur nom que celui-ci : Keep on Skanking ! Il réunit des titres produits par Lee «Scratch» Perry et d’autres, sortis sur le label des Wailers Tuff Gong, mais enregistrés chez Perry.
On s’arrêtera avant tout sur la sublime version de «Screwface». Le titre désigne les jeunes bad boys du ghetto de Kingston qui tentent de faire peur avec leurs grimaces effrayantes et un look censé les enlaidir. Mais comme le dit la chanson : «Un screwface ne peut pas faire peur à un screwface.» Entendez : «ce n’est pas moi que vous impressionnez avec vos poses d’enfants terribles !» Il existe trois versions de cette chanson datant de cette époque. Mais celle-ci est absolument prodigieuse et justifie à elle seule l’achat de ce disque ! Le tempo est plus lent que sur les autres versions, ce qui valorise le phrasé mystique de Bob. Les coeurs de Bunny et Peter débordent de profondeur et de conviction. Les mélodies vocales bercent si bien que vous chavirez dans la transe rythmique sans vous en rendre compte. Quelques index plus tard, la version instrumentale du titre vous permettra de déchiffrer la magie de ce riddim, dont le génie repose sur une ligne de basse en suspens, admirablement interprétée par Aston «Family Man» Barrett.
La patte de Perry se fait sentir au détour de tous ces enregistrements. Dans le livret, il témoigne du profond respect qu’il éprouvait pour le jeune Marley : «Il aimait l’idée que je sois là. J’étais compositeur, auteur et ingénieur. J’ai vu que Bob était l’homme à qui je pourrais transmettre mon talent.» Et il est vrai que le producteur était omniprésent : ingénieur du son de génie, maître ès dub, il n’hésitait jamais à proposer une autre mélodie ou un nouveau couplet pour finaliser une chanson prometteuse et inaboutie. De nombreux titres de Marley furent composés à cette époque et repris plus tard sur les disques Island. Cet album témoigne d’un moment de symbiose musicale unique. Il est accompagné d’un bon nombre de versions dub.

Cd 2 :: SATISFY MY SOUL JAH JAH   1971-1972
La parfaite entente des Wailers avec Lee Perry se détériore peu à peu. Elle prendra définitivement fin en mai 1971. Il faut dire que Perry a le génie du recyclage : il fait chanter d’autres artistes sur les riddims enregistrés avec les Wailers. C’est un procédé courant en Jamaïque, qui a toutefois le don d’énerver prodigieusement Bunny, Peter et Bob, fermement attachés à l’intégrité de leur musique. Les Wailers sont fâchés et ne tirent aucun bénéfice de leurs enregistrements pour Perry. Ils décident donc de travailler pour leur propre label, la marque Tuff Gong, créée fin 1969 sur les décombres de Wail’n Soul’m. Cette fois, ils possèdent une boutique de disques. Elle leur permettra de faire entendre et de distribuer eux-mêmes leur musique. Le Wailers Record Shop est situé sur Beeston Street, à côté de Chancery Lane, dans le Western Kingston. Il est la fierté des Wailers. En attendant les premiers singles Tuff Gong et pour répondre aux attentes du public, ils font presser à nouveau les enregistrements réalisés sous le label Wail’n Soul’m.
Les Wailers sont maintenant capables d’assurer eux-mêmes les parties de guitare et de clavier. En revanche, une solide section rythmique manque à l’expression de leur musique. Ils proposent aux frères Barrett de les suivre dans cette aventure. Au début, Aston et Carlton essayeront de ménager la chèvre et le chou en jouant à la fois avec les Wailers et Lee Perry. Mais ils finiront par abandonner définitivement ce dernier pour s’engager totalement aux côtés de Bob. Perry en voudra terriblement à Marley de lui avoir «volé» les piliers de sa formation.
Les premières productions «Tuff Gong» sont d’aussi bonne facture que celles réalisées avec «Scratch». Elles soulignent l’aisance acquise par les Wailers à force de labeur. On peut entendre la première version de «Lively Up Yourself», reprise quelques années plus tard sur Natty Dread, une seconde version du sublime «Screwface» et un «Redder Than Red» qui confirme l’attachement grandissant des Wailers pour la ganja. Il faut noter la présence du titre «Reggae On Broadway», nouvelle tentative commerciale (et nouvel échec) destinée à conquérir le marché international. Un disque excitant et réussi, dans lequel Bob Marley, à l’aube de sa prodigieuse carrière, peaufine inlassablement les textes de son répertoire.

Nicolas Pradat dans Reggae Magazine
    n°21 spécial Bob Marley de l'été 2003
© 2003 Reggae Magazine. Tous droits réservés.

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