Genre : Pop Rock Canada
Note : ***
Le deuxième album de Josh Ritter arrive aujourd’hui en France avec plus de trois ans de retard. Le succès d’estime récolté par le pourtant très inégal Hello Starling n’est probablement pas autant responsable de cette (re)sortie que la série TV Six Feet Under, qui clôt l’un de ses épisodes par Come And Find Me. Le meilleur titre d’un album qui doit beaucoup plus aux légendes du folk américain qu’au talent supposé de ce jeune songwriter. En effet, si le but avoué de Golden Age Of Radio était de faire des courbettes à Dylan, de baiser les pieds de Johnny Cash ou de louer l’esprit de Nick Drake, la réussite est indéniable. La comparaison est forcément démesurée, mais l’initiative en revient à Ritter lui-même, dont les refrains et les arpèges sont au mieux des hommages appuyés, au pire de vagues copies appliquées. En revanche, si l’on juge ce disque sur la seule qualité d’écriture de ses chansons, les illusions de la première écoute s’effondrent subitement. Il est d’autant plus regrettable d’entendre Josh Ritter se fourvoyer par d’insipides et laborieux décalques quand les vraies réussites reposent sur des idées et des mélodies personnelles, pas toujours aussi accrocheuses dans la forme (encore que), mais réellement plus touchantes. S’affranchir de ses maîtres sans toutefois les renier. Tel est non pas la morale d’un mauvais film de kung-fu, mais un conseil qu’aurait pu lui inspirer l’écoute de contemporains autrement plus doués, le regretté Elliott Smith en tête.
Sylvain Collin dans magic n°78 de mars 2004
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Dans l’Idaho, les parents de Josh Ritter étaient neurologues. On les soupçonne d’avoir tenté d’inavouables expériences sur le système nerveux de leur fils : les nerfs en coton, il semble aujourd’hui étranger à toute tension, toute colère, toute anxiété. Apathique sympathique, il a ainsi passé une adolescence allongée en excellente compagnie : Leonard Cohen, Nick Drake, Townes Van Zandt ou Gillian Welch. Tous lui ont soufflé à l’oreille des règles élémentaires de simplicité, d’humilité, de sincérité. Aucun effet de manches, aucun trémolo de trop dans ce folk intemporel, dans ce storytelling fourmillant. Avec seulement une guitare, trop irriguée pour être sèche, et une voix riche et plaintive, Josh Ritter installe une quiétude alarmante, impose son bucolisme prosélyte. Et on finit le tendre Song for the Fireflies dans une profonde béatitude, les nerfs en pelote (de laine mohair). Les parents de Josh peuvent être fiers : leur fils soigne.
Simon Triquet dans Les inrockuptibles du 20 janvier 2004
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