The Cure : Japanese Whispers (1983)  (*** THE CURE : les archives ***) posté le mercredi 03 mai 2006 15:12

Genre  :  New Wave UK
Note :  ***


Comme l’indique le sous-titre, ceci n’est pas le nouvel album de Cure. Juste une compilation rétrospective des singles sortis entre novembre 82 et 83, année entre parenthèses pour Robert Smith, qui s’est volontairement éparpillé entre Siouxsie and the Banshees, The Glove et son groupe, en exprimant le besoin de souffler. D’après lui, les chansons ici rassemblées ne sont que de petites choses de peu de portée, de la pop-music sans prétention, n’entretenant qu’un rapport lointain avec ses «oeuvres» sérieuses. Ce qui n’est assurément pas faux... et un soulagement pour tous ceux qui regrettaient que le côté léger et heureux — mais oui ! — du groupe ait été relégué aux oubliettes depuis «Three Imaginary Boys» et les premiers singles. Et même, quoi qu’en pense Smith, je ne suis pas persuadé que «Pornography» passe plus certainement à la postérité que les perles que sont «Let’s Go To Bed» (The Cure vise les jambes des danseurs), «The Walk» (l’art de rendre le synthé chaud) ou «Love Cats» (la meilleure chanson des Beatles depuis «The Wall Of Kampa» de Christophe J., au moins). Reste à savoir s’il s’agit vraiment d’une rémission passagère dans la neurasthénie chronique de Robert Smith, ou si cela indique un rééquilibrage émotionnel pour l’avenir du groupe. Si la première solution se révèle exacte, cela donne quelques raisons supplémentaires de chérir précieusement ces instants privilégiés.

Thierry Chatain dans Rock & Folk n°206 de mars 1984
© 1984 Rock & Folk. Tous droits réservés.

Ah les petits Cure ! J’avais craqué c’est vrai, sur les deux premiers LP «Three Imaginary Boys» et «Seventeen Seconds», leur chef d’oeuvre à mon sens. Mais les deux LP suivants, maigres copies des précédents étaient plus ennuyeux qu’un semestre d’études des Finances Publiques. Bébert Smith et ses petits camarades auraient pu s’agiter plus tôt. Enfin !
Heureusement Cure a su guérir dans la sécession et «Let’s Go To Bed» en est sorti éclaté comme une charge nucléaire. Boom, un champion dans la tête pour un des titres les plus dansants de l’année, une poperie remarquable et surprenante de la part d’un garçon aussi torturé que Smith. Depuis le début 83, Cure ne donne plus de concerts et ne sort que des simples ; «Japanese Whispers» est un catalogue complet de ces oeuvres choisies. Si tu ne possèdes pas «Let’s Go To Bed» cette pizza quatre saisons DOIT figurer dans ta collection. Suis donc Cure dans son «The Upstairs Room», danse, danse, danse, sur la voix acidulée de Smithy. Dos rond et poil hérissé, caresse les «Love Cats», un titre félin comme la démarche de ce quadrupède.
A noter aussi le puissant «The Walk», un des tubes incontestable de ce Cure version ravalée. Comme on dit, une compilation vaut mieux que deux singles «tu l’auras». (Maxime du sage croqueur de vinyl).

Gérard Bar-David dans BEST n°188 de mars 1984
© 1984 BEST. Tous droits réservés.





La tournée “Pornography” s’achève dans le chaos. Pendant un temps, le groupe semble ne plus exister. En tout cas, après Dempsey et Hartley, Simon Gallup est à son tour écarté. C’est sur les conseils de Parry que Smith trouve le meilleur remède pour éviter à The Cure de tomber dans un précipice qui lui tend les bras : composer un morceau pop et futile. Réduit à un duo — avec un Tolhurst qui a pris la décision d’arrêter la batterie pour se consacrer aux daviers — aidé par des musiciens de studios, The Cure va réaliser, entre novembre 1982 et novembre 1983, trois singles incroyablement accrocheurs qui, s’ils vont provoquer le tollé de certains fans intégristes, vont permettre au groupe de toucher un public bien plus large. Si “Let’s Go To Bed” n’obtient pas le succès espéré, la ritournelle synthétique de “The Walk” et les accents jazzy-bubblegum de “The Lovecats” (enregistré à Paris) ouvrent grand les portes d’un succès populaire, en Angleterre bien sûr, mais aussi en France et aux Etats-Unis. “Japanese Whispers” n’est donc rien d’autre que la compilation de ces titres, accompagnés de leurs faces B qui sont loin, très loin d’être anecdotiques, comme en témoignent les romantiques “Just One Kiss” et “Lament”, l’entraînant “The Upstairs Room” ou le bizarro-jazz “Speak My Language”. Dès lors, ce disque — fort cohérent au demeurant — est sans doute l’album de The Cure le plus commercial mais aussi l’un de ceux les plus agréables à écouter et que l’on aurait tort de négliger.

Christophe Basterra dans Rock & Folk n°346 de juin 1996
© 1996 Rock & Folk. Tous droits réservés.

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The Cure : Japanese Whispers (1983)