Note : ****
En guise de cadeau de fin d'année, Low nous propose un album confidentiel, sorti en catimini, et qui, en huit chansons, offre un panorama plutôt fidèle de ces ambiances un peu délétères, un peu tristes, souvent gaies, qui entourent la période des fêtes. Dans l'esprit de leur 45 tours de Noël édité l'an dernier, et dont on retrouve ici les deux morceaux, ce disque est fait de compositions originales et de quelques reprises, dont les inévitables Little Drummer Boy , comme par hasard le morceau le plus faible de l'album, et Silent Night , vieille scie que Low transforme en apex minimaliste d'une rare élégance. Mais ce sont les compositions originales du groupe qui font toute la force de cet album : cinq morceaux qui sont autant de futurs classiques de Noël, de futurs classiques tout court... Low réinvente la mélodie religieuse, l'errance des rois-mages, la messe de minuit et, surtout, le surréalisme sublime des fins d'année hésitant entre glauquerie complaisante et grandiloquence maniérée. Qu'on ne se moque pas, chez Low, la dinde est toujours maigre et c'est cela qu'on aime. Ce disque est déjà un classique et des morceaux comme Long Way Around The Sea ou Blue Christmas resteront sur la platine bien après la fin d'année. Low signe ainsi le meilleur album de Noël depuis celui de Phil Spector, pas moins.
Joseph Ghosn
dans
magic! n°37 de janvier 2000
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En
2003, j'ai décidé que j'étais grand. Ainsi, en
décembre, plutôt que d'assouvir l'envie
régressive (quoique agréable) d'acheter un calendrier
de l'avent, j'ai fait la découverte de l'album de Noël
de Low, sobrement et simplement intitulé
Christmas.
Peut-on encore être surpris par ce fabuleux groupe
américain ? Assez peu. Même si leur dernier disque,
Trust, les révélait plus bruitistes et
autistes qu'à l'accoutumé, le son de Low est
très vite identifiable : des morceaux lents, en bon trio
héritiers du mouvement slowcore, une tristesse et un sens de
l'abandon palpable, et des harmonies vocales féminines ou
masculine belles à tirer quelques larmes. Et surtout, ce qui
fait toute la profondeur de ce groupe est leur sens du
sacré, une gravité posée mais jamais
pédante, tel un chant d'église au ralenti.
Et tous ces éléments se retrouvent sur cet album. Si
jamais quelqu'un a l'idée de passer ce disque pour le repas
du réveillon, le groupe a commencé par une chanson
pop, joyeuse et entrainante (à leur échelle
s'entend), "Just Like Christmas", bruit de grelot des
rennes du père Noël formant la rythmique. Après,
les choses se gâtent pour les convives, qui quittent la table
avant même d'avoir déballé leurs cadeaux, due
à l'écoute d'une chanson aussi lente et glacée
que "Long Way Around The Sea". Puis première
reprise de l'album, ce qui tombe fort à propos, le groupe
s'étant toujours tiré merveilleusement bien de chacun
de ces exercices, reprenant aussi bien Pink Floyd que The Smith,
avec un crochet par Joy Division. Pour Noël, le groupe
revisite ce qui doit être des classiques de Noël (je ne
suis point un spécialiste) : un "Little Drummer
Boy" minimaliste, "Blue Christmas" tout en langueur,
tandis que "Silent Night" (cf. Douce Nuit) est
chanté à deux voix avec une ferveur rare, à
l'aide d'une seule guitare acoustique, une des plus jolies
berceuses neurasthéniques que j'ai entendues. Que dire des
autres titres, eux originaux : "If You Were Born Today"
semble l'écho d'une tempête lointaine, tension et
ascétisme de rigueur, tandis que la neige arrête
momentanément de tomber sur "Taking Down The Tree",
découvrant un soleil pâle, avant une nuit noir et
blanche avec "One Special Gift". Est ce de l'humour de
leur part, mais il est vrai que cet album de Noël n'est pas de
ceux que l'on offrirait à n'importe qui.
Un journaliste, à la sortie de cet album, en 1999, lui avait
décerné le titre de meilleur album de Noël de
tous les temps. N'étant pas un connaisseur, je me
contenterai de dire qu'il est de ces albums que l'on chérit
secrètement, l'écoutant avec parcimonie. Une
prévision : pour décembre prochain, c'est
décidé, je découvre celui mythique de Phil
Spector.
Franck sur liabilitywebzine.com le 20 février 2004
© liability. Tous droits réservés.Noël, l'enfer : ses rues glaciales et déboussolées, remplis de Terriens aux mains tenant des sacs lourds, et ces enfants qui courent de rayon en rayon, je ne me promène plus sur Terre durant cette période. Notez, ma position de star occidentale durant cette période devrait me remplir de joie. Mais voilà, je suis certes incontournable, mais personne ne m'a jamais VRAIMENT vu.
L'enfer donc. Mais pas tout le temps.
En 1999, alors que mes petits amis chantaient encore et toujours les mêmes chansons depuis une éternité, quelqu'un eut la bonne idée de vouloir ce disque de Low pour Noël. Et lorsque j'ai appuyé sur la touche play, ce que j'y ai entendu fût divin. Cette lenteur qui collait parfaitement à la saison, ces murmures comme autant de voix d'enfants, c'est simple, je n'avais pas connu un tel bonheur depuis le début début du siècle quand Coca-Cola m'avait offert de nouveaux habits.
Alors moi aussi, doucement, lentement, j'ai commencé à écouter les autres disques de Low, et je n'ai jamais été déçu. Tout le charme de ce Christmas y était répandu : la lente hypnose de Little Drummer Boy (utilisé plus tard par GAP pour une de ses publicités), le folk apaisé et ses mélodies à deux voix comme sur Long Way Around the Sea, la tristesse d'If You Were Born Today. C'est bien simple, ce disque est fait pour les enfants de 7 à 77 ans, et serait capable de me faire croire en un monde meilleur.
Bon allez, c'est pas tout ça, j'ai quelques millions d'enfants qui m'attendent...
Arnaud G.
sur
mille-feuille.fr le 22 décembre 2004
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