Idaho : Hearts of Palm (2000) (*** IDAHO : les archives ***) posté le samedi 06 mai 2006 17:34

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, Idaho :  Hearts of Palm  (2000)
Genre  :  Rock alternatif USA
Note :  *****

De façon emblématique, il arrive à Jeff Martin, seul maître à bord du groupe Idaho depuis un bon bout de temps, la même chose qu’à Mark Kozelek, la seule âme qui vive au sein de Red House Painters : le syndrome de la désaffection. De ces deux musiciens américains à l’inspiration proche, on retrouve le même parcours musical en pointillé (silence radio puis retrouvailles par intermittence), une "carrière" sabordée au nom de l’exigence artistique et des disques qui sortent au petit bonheur, sans l’attention promotionnelle d’un quelconque label. Finalement, une manière de retourner à l’état de simple artisan : on ne pouvait demander moins à Idaho dont on était sans nouvelles depuis au moins trois ans. Hearts Of Palm donc, sixième album d’une discographie hasardeuse, s’écoute avec méfiance (encore du folk tristounet…). Avant, bien entendu, de succomber sans résistance. Cette mélancolie yankee agit toujours comme un poison doux aux neurones, même après l’avoir fréquentée de loin en loin. C’est comme pour l’alcool : après le sevrage, il ne faudrait plus y toucher et puis on retombe. Du coup, on se saoule avec bonheur dans Hearts Of Palms, un disque magnifique et plaintif, subtilement bâti (piano sobre, chant clair guitares libres et cristallines…) autour de chansons comme on n’en fait plus : Down In Waves à la sécheresse maladive, les ballades décalées Happy Times ou Evolution Is Cold, Under accompagné par le chant des grillons… C’est du folk rock d’avant le déluge, un retour aux sources de Neil Young et du Dylan 70’s, c’est aussi un album proche de Jim O’Rourke dans sa veine la plus mélodique, c’est surtout l’histoire d’un come-back imprévu et largué : Idaho est toujours en vie et c’est une bonne nouvelle.

Hervé Crespy dans magic! n°46 de Novembre/Décembre 2000
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La neurasthénie a encore maintes nuits devant elle. L'un de ses plus dévoués serviteurs, donné pour agonisant à l'époque de son dernier album (Three sheets to the wind, 1996), revient dans un état proche de l'Idaho nonchalamment enjôleur qui nous avait conquis au temps de Year after year et This way out. Ce retour en beauté, presque une résurrection, dément nos pessimistes diagnostics et prouve avec éclat que Jeff Martin et Dan Seta ont de la suite dans les idées noires. Ayant su remonter la très monotone pente qui risquait fort de le mener à sa perte, le duo de Los Angeles poursuit son exploration des brumes spleenétiques et signe en chemin ce qui pourrait bien être son meilleur album à ce jour, en tout cas le plus (é)mouvant. Si l'on repère ici encore nombre de bleus à l'âme, l'on constate aussi que le rouge monte de nouveau aux joues et si le moral est toujours d'argile, la main qui se glisse dans le gant de velours souterrain est redevenue de fer. En route, Idaho n'a pas vraiment changé : ce groupe est toujours celui que nous avons aimé à ses débuts, avec le même parfum léger de mélancolie qui lui colle à la peau.

Jérôme Provençal  dans Les Inrockuptibles du 12 décembre 2000
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