The Cure : Greatest Hits (DVD, 2001)  (*** THE CURE : les archives ***) posté le mercredi 03 mai 2006 17:00

On se doutait bien, malgré ses promesses à répétition, que Robert Smith serait encore là à soixante ans, mais de là à se laisser tomber dans ce mercantilisme de bas étage, il y avait un pas qu’on ne le voyait pas franchir. Sur papier, cette version vidéo semblait apte à sauver les meubles (par l’image) d’une compilation médiocre en tout point. Ou plus précisément par le talent de Tim Pope, un réalisateur de clips (et accessoirement de mauvais films) tordu et vague cousin de Tim Burton. Seulement, après visionnage de l’ensemble, le constat est irrémédiablement consternant. Le souvenir naïf d’esthétisme léché pour l’époque a fait place au ridicule et au toc. Rarement drôles, souvent cheap, les clips de The Cure présentent néanmoins l’avantage de proposer des images mythiques : les batteries vert fluo de Lol Tolhurst, la forêt en négatif sur A Forest, le pénis géant en ouverture de Lovesong, Saffron le monstre décoloré de Just Say Yes, Robert Smith pendu à un cerf volant durant High, pataugeant dans une piscine pour bébé au cours de l’insupportable Let’s Go To Bed ou encore avalé par deux tapis synthétiques en guise d’araignée pendant Lullaby. Seul, le romantisme exacerbé de Just Like Heaven, la claustrophobie de Close To Me et surtout In Between Days, avec un dynamisme et un dédoublement de personnalité particulièrement réussi, s’en sortent avec les honneurs. Dernière remarque quant aux vidéos, il est incroyable de ne pas retrouver en bonus caché la version alternative absolument hilarante de l’hommage aux mariachis faites par Smith sur The 13th : un comble. Enfin, le sujet qui fâche définitivement, les "hits" acoustiques... Pourquoi diable avoir permis à ce bourrin de Jason Cooper d’utiliser sa batterie lors d’une session acoustique ? D’autant plus incompréhensible que l’on retrouve avec plaisir ce cher Boris Williams aux percussions... Pour le reste, Robert Smith surjoue comme s’il était filmé pour un clip, le choix des six titres laisse franchement à désirer (Friday I'm In Love, Just Say Yes, soyons sérieux...). Heureusement, A Forest et Lullaby sortent indemnes de l’exercice acoustique, dont la seule qualité est de mettre en évidence les lignes de basse irréprochables de Simon Gallup. Conclusion logique : fuyez cet objet bâtard comme la peste en attendant une anthologie digne de ce nom de The Cure. 

Robert Alves dans magic, N°60 d'avril 2002
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