The Cure : Trilogy (DVD, 2003) (*** THE CURE : les archives ***) posté le mercredi 03 mai 2006 17:02

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, The Cure : Trilogy (DVD, 2003)

Genre  :  New Wave UK
Note :  ***


Jusqu’ici, l’unique trilogie dont pouvait s’enorgueillir The Cure était circonscrite entre 1980 et 1982. Elle puisait ses origines à la source givrée de l’album Seventeen Seconds pour se déliter en une désespérante oraison funèbre, Faith, avant de s’abîmer dans la violence mortifère de Pornography. Brelan d’as inestimable que la figure originelle de la new-wave n’a jamais pu, su réitérer depuis. Il y a deux ans pourtant, Robert Smith (rescapé du triangle d’or primitif avec Simon Gallup) annonçait la tenue du concert Trilogy où il jouerait trois albums en intégralité. The Cure allait-il y exhumer la quintessence de son œuvre ? Oui et non. Seul Pornography demeure. Dommage. Le certes splendide Disintegration (1989) et le très mitigé Bloodflowers (2000) suivront. “Ils sont inexorablement liés pour bien des raisons, et Trilogy fait la lumière sur mon expérience de The Cure"  commente alors Smith. Mon œil... Voyons-y plutôt un moyen détourné de faire passer la pilule amère de la déliquescence d’un groupe devenu inoffensif depuis quinze ans, de noyer encore la promotion de Bloodflowers dans un élan démago-nostalgique.
Toujours est-il que Trilogy n’en reste pas moins un événement majeur dans l’histoire scénique du rock. C’est en novembre 2002, entre les murs pharaoniques du Tempodrom de Berlin, qu’il s’est produit. Ne laissant à nos sens frustrés d’autre choix que de le mythifier en songes. D’attendre sagement sa parution en DVD. La voici donc enfin, agrémentée d’un son exceptionnel. Les puristes se concentreront évidemment sur un premier disque amorcé par l’épique One Hundred Years — fort d’un montage épileptique sous un délire de lumières blanches. Puis, rouge turgescent, batterie récursive, basse malade, Pornography égrène ses sinistres trésors magmatiques entre désolation (The Hanging Garden), terreur macabre (Siamese Twins) et cryogénisation (Cold). Jamais le gimmick d’A Strange Day n’avait été aussi clair, aussi dingue. Smith ne dit mot. La frigidité orgiaque sera bientôt transcendée en douleur béate dès les clochettes de Plainsong. Le public est surtout venu pour Disintegration. Plus accessible, plus mélodieux, moins glauque. Il dit merci. Sourit même. La lumière se fait bleu velours, le timbre poignant et le concert spectral. Malgré les hits Lovesong et Lullaby, l’ambiance reste au désespoir oppressif. S’ensuit alors le second DVD sur lequel s’ennuie Bloodflowers. Ici, même le magnifique The Last Day of Summer semble insipide. Oublions-le. Trilogy pourrait aisément se contenter du simple diptyque du début. Sublime crève-coeur sonore au décorum lynchien.
Bonus :Une interview du groupe au complet revient sur ce concert mythique. Léger problème pour les gros nuls en anglais : pas de sous-titres... Ce double DVD contient en outre deux bonus cachés sur The Same Deep Water as You et Plainsong. Pour les trouver, cliquez dessus à gauche, un petit bouton apparaît, puis cliquez à nouveau. Vous découvrirez alors des versions des morceaux en split-screen ou en caméra fixe.

Éléonore Colin dans Les inrocks 2 THE CURE (1er trimestre 2005)
© 2005 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.

En l’an 2000, Robert Smith expliquait à la surprise générale que Bloodflowers venait conclure ce qu’il considérait comme la véritable trilogie de The Cure, complétée par les incontournables Pornography (1982) et Disintegration (1989). Sans pitié, il mettait ainsi à mal quelque vingt années de croyance puisque, pour tous ses disciples, le sacro-saint triptyque était censé réunir, outre le disque à la pochette rougeoyante, les mythiques Seventeen Seconds et Faith. Comme pour mieux rallier les incrédules à sa vérité, l’homme avait même décidé, en novembre 2002, de donner quelques concerts-événements en Allemagne et en Belgique, où le groupe interprétait, dans l’ordre chronologique et en respectant les track-listings originels, ces trois pierres décrétées angulaires d’une discographie pléthorique. Filmé au Tempodrome berlinois, un double Dvd vient aujourd’hui immortaliser ces prestations pas comme les autres. “Trilogy Show n’est pas seulement la réalisation d’un rêve”, a récemment déclaré l’incontournable (au propre comme au figuré ?) leader, “mais aussi un hommage à la formation actuelle, sans doute la plus dynamique, subtile et puissante... C’est certainement le meilleur Cure dans lequel il m’a été donné de jouer”. Ce que viennent confirmer, au hasard, la version glaciale de The Figurehead, celle, ondoyante, de Fascination Street ou l’interprétation sinueuse de Watching Me Fall. Agrémenté d’interviews, parfaitement mis en images, cet objet vient surtout rappeler à quel point The Cure reste un groupe unique.(...) De quoi faire patienter le plus insatiable des fans, alors que le quintette rentre cet été en studio pour débuter l’enregistrement d’un album, le tout premier pour son nouveau label, I Am Recordings. Décidément, Robert Smith n’est pas prêt d’être à cure d’idées. 

chronique non signée pour la rubrique Repérages
dans magic, N°73 de juillet/août 2003
© 2003 Hi Press. Tous droits réservés.

Alors nous y voilà... Fantasme de fan, ce dvd reprend les deux concerts marathons berlinois de novembre 2002 à l'occasion desquels The Cure a joué en intégralité et par ordre chronologique les trois albums Pornography (1982), Disintegration (1989) et Bloodflowers (2000). Cette filiation, et bien que ces trois albums soient assez éloignés dans le temps, s'explique par le climat et le contexte créatif qui les entourent. Pornography est un album exutoire, dense et destructeur, véritable thérapie pour Robert Smith ; Disintegration, romantique et monumental, est le passage à la trentaine avec quelques démons smithiens ressortis pour l'occasion (peur de vieillir, de la maladie,...) déjà présents à l'époque de Pornography ; Bloodflowers, mature et d'une grande sincérité, est également un passage symbolique, celui de la trentaine à la quarantaine. Ce processus de changement, présent lors de la composition de ces trois albums, influe considérablement sur l'écriture de Robert Smith. Ses sentiments, ses craintes réapparaissent aux moments clé de sa vie. Très différents sur la forme, les albums de la Trilogie sont donc identiques sur le fond : mélancoliques et introspectifs. Dès lors il semblait évident, pour le groupe du moins, de les regrouper et les mettre en scène au cours de ce qui devrait être une grande messe curiste. L'idée germe et grandit : un concert reprenant intégralement les trois albums. Reste à trouver un lieu à la hauteur de l'événement mais surtout à son image : sombre et mélancolique. Trois villes sont pressenties : Prague, Moscou et Berlin. Ce sera la troisième. Quant à la salle, le choix se porte sur le Tempodrom, chapiteau de cirque, idéal pour accueillir un clown triste... La table est mise, on n'attend plus que les hôtes et les invités... Autant le dire tout de suite, ce dvd est une pure merveille. Musicalement, c'est un joyau pour tout fan qui se respecte (servi par une production quasi parfaite), visuellement c'est un enchantement (un light show féerique et varié, des effets collant parfaitement à l'esprit des titres joués). Jamais la voix de Robert Smith n'a été aussi bien immortalisée. Profonde et émouvante, elle nous emporte. Sans oublier la performance des autres membres du groupe, à l'image de leur leader. Ils forment un tout et dégagent une extraordinaire puissance émotionnelle. Le public, fans purs et durs il est vrai, réagit en symbiose totale et l'on retrouve cette atmosphère si particulière d'un concert des Cure où la relation artistes/spectateurs prend une ampleur spirituelle. Concert exceptionnel, bien présenté (packaging plaisant hormis la couverture pas des plus réussies, menus simples et efficaces avec un grain photo, musique d'intro composée spécialement pour l'occasion par Mr Smith, le tout rappelant assurément la vidéo Show), on regrettera simplement l'absence de sous-titres pour les interviews en bonus (où l'on retrouve également deux titres joués en rappel, "If Only Tonight We Could Sleep" et "The Kiss", issus de l'album Kiss Me Kiss Me Kiss Me) car les accents anglais sont parfois difficilement compréhensibles... Hormis ce détail, ce dvd tutoie la perfection. It's just like heaven...

Agravede sur xsilence.net
© xsilence. Tous droits réservés.

Retrouvez tous les articles

Déposez un commentaire !


Mieux vous connaître (facultatif) :

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.103.63.59) pour vous identifier.

Tous les commentaires liés à l'article : The Cure : Trilogy (DVD, 2003)

Aucun commentaire

 -