Genre : Rock
Alternatif USA
Note : ***
Faisant suite à l’un des plus beaux morceaux des Tindersticks, For Those Not So Beautiful, For All The Beautiful People fait partie de ces albums chaleureux, de cette chaleur dont sont faits les bois centenaires. Ce n’est pas nouveau pour tous les fans de ce groupe de San Francisco qui, depuis quatre albums, de façon imperturbable, réchauffe nos coeurs. Mais, il serait temps que les autres s’y mettent. Loin des modes, du glamour, cette musique ne cherche pas à aller vers l’auditeur, elle y va d’elle-même. La grande classe de Swell est d’avoir ré-inventé l’usage de la guitare acoustique en l’incorporant à un groove mélancolique qui s’ignore. Et comme David Freel et Monte Vallier maîtrisent à la perfection la production et savent rendre humaines et proches leurs compositions, on ne peut que succomber. Et s’ils ont développé l’usage des claviers — un Make Up Your Mind quasi-electronica —, on a toujours l’impression qu’ils jouent dans notre chambre. Une chambre qui chavire au lyrisme de Swill 9, avec ces nappes de synthé qui évitent pourtant tout sentimentalisme. Puis, la ville s’endort et le moment devient idéal pour clore l’album par un hypnotique Don’t You Know They Love You. Bonne nuit.
Philippe Morrison
dans magic! n°22 de septembre 1998
© 1998 (Hi Press). Tous droits
réservés.
Swell a changé. Imperceptiblement, diront certains. Mais si le groupe culte de San Francisco a toujours les traits tirés, son folk-rock indolent et ironique, cousin apathique des Nirvana et Pixies, se métamorphose peu à peu en une sorte d’étrange psychédélisme acoustique. Les Swell semblent vouloir composer des morceaux dont l’audition affecte (un peu) la perception sensorielle du monde qui nous entoure. Bref voilà un groupe de drogués vieillissant, qui n’ont rien dû prendre depuis au moins dix ans et essayent soudain de faire ressentir à l’auditeur le flash-back d’un acide gobé lors de leur première année de fac. La surprise étant qu’à partir d’un axiome aussi peu engageant, Swell réussisse ce que l’on considérera comme son meilleur album à ce jour. Monte Vallier et David Freel parvenant à se réinventer, à entreprendre la métamorphose qu’ils espèrent depuis “Too Many Days Without Thinking” sorti l’année dernière, tout en restant fidèle à eux-mêmes. Ainsi l’auditeur aura-t-il l’impression que les peaux de batterie sont crevées, les cordes de guitare détendues et qu’ils se sont enregistrés derrière une porte fermée, bref leurs chansons ne se départissent jamais d’un voile terne. Mais cette fois sont passés au premier plan les claviers zonzonants et autres effets synthétiques déstabilisants. Sur la plupart des morceaux, un piano électrique flirte avec des guitares éternellement sèches et on distingue çà et là quelques samples de violons et trompettes. Qu’on se rassure : ces changements ne devraient pas rameuter des hordes de nouveaux fans. L’humour des Swell reste désespérément trop sombre pour les fans de Garbage.
Alexis Bernier
dans Rock & Folk n°375 de novembre 1998
© 1998 Rock & Folk. Tous droits
réservés.


http://cocosuodo.magicrpm.com/images/mn/1148538652.JPG
Cela dit la peur n'evite pas le danger...