Genre : Rock
Alternatif USA
Note : **
Il est toujours énervant de constater que les groupes les plus talentueux d'Amérique sont souvent les plus ignorés. C'est bien entendu le cas de Swell, notre groupe cotonneux préféré. Sauf que David Freel rame depuis déjà plus de dix ans pour sortir de l'underground dans son pays. Everybody Wants To Know, qui contient des titres du récent Ep Feed, nous rappelle à ce triste regret. Même si, et il faut l'avouer, ça fait mal de le dire, on est un peu déçu par cet album inégal. Serait-ce l'absence de ses compères d'origine Sean Kirkpatrick et Monte Vallier ? Le signe d'une certaine lassitude (douze ans, quand même ... ) ? En tout cas, Freel ne fait pas montre de la créativité des grands jours. Call Me, Everybody Wants To Know ou Try Me sont bien arides. On sent la désillusion, le manque de vitamines. A l'opposé, Somedays Always Come, Like Poverty ou East N West possèdent toujours cette étincelle du génie fascinant qu'on connaissait au groupe, cette manière de mêler acoustique et électricité névrotique, d'être à la fois mélodieux et monocorde, profond et dépouillé. Ce disque n'a finalement que le malheur de nous rappeler qu'il eut des jours meilleurs. A l'époque, Swell était déprimant, mais pour des raisons bien différentes.
Gilles Duhem dans
magic! n°52 de Juin 2001
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Everybody Wants To Know met à nouveau à l’honneur un psychédélisme sans soleil, des errances drapées de ton sur ton élégant. Et persiste à rendre accueillant un univers instable, où batterie vétuste et guitare sèche esquissent des espaces flottants. Le plus étrange étant que cette musique s’enracine au plus profond de l’Amérique rustique – l’auditeur prenant en marche le sixième album de Swell croira d’abord entendre le Beck de One foot in the grave. Mais, chez Swell, les sons de la dèche ont rendez-vous avec l’éther. Minutieusement tricotés, les couplets cryptiques et le chant rêveur de Freel accueillent cette fois quelques quignons de golden oldies – le You really got me des Kinks, annexé in fine par Someday always comes, le Rock’n’roll du Velvet vrombissant à travers East’n’west. Mais, avec I don’t think so, c’est la féerie évasive d’un instrumental parfumé aux brises marines et ouvert aux vents sournois de la neurasthénie qui fait de Everybody wants to know un des albums les plus ensorcelants jamais rencontrés du côté de chez Swell, dans cette contrée paradoxale où l’indolence, la langueur et l’indécision se portent comme des charmes.
Bruno Juffin dans
Les Inrockuptibles du 26 Juin 2001
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