Songs: Ohia --- The Lioness (2000)  (*** SONGS: OHIA, les archives ***) posté le mercredi 10 mai 2006 20:39

Genre  :  Country Folk USA
Note :  *****


Petits frères adoptifs et un rien pot de colle des Palace Brothers, les Américains de Songs: Ohia continuent, sur The Lioness (Secretly Canadian, en import), de gratter le nombril de l’americana du bout de leur colt rouillé. Mais desséché par le désert, leur folk est cette fois allé prendre les eaux en Ecosse et le mauvais alcool chez Arab Strap : il en revient encore plus noir et branlant, mais avec un sens de l’hospitalité inédit dans ce saloon fantôme.

JD Beauvallet dans Les inrockuptibles n°228 du 1er février 2000
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Si on avait Jason Molina sous la main, on lui demanderait bien quelle tristesse infinie l'a poussé à écrire les neuf titres de The Lioness. Et puis à bien y réfléchir, on éviterait sûrement, ne serait-ce parce que sa mise à nu a du être suffisamment éprouvante pour tout le monde. Imaginez vous l'état du type qui écrit des morceaux comme The Lioness ou Black Crow ("I'm getting weaker, I'm getting thin, I hate how obvious I have been") mais aussi celui de ceux qui les écoutent !
Les disques de Songs: Ohia devraient être interdits les jours de beau temps parce qu'ils ne font chanter que les oiseaux de mauvaise augure. Des piafs un peu inquiétants mais avec une classe folle, un peu déplumés certes, mais avec le bec tenu bien haut. Beaucoup de grisaille dans le ciel de Songs: Ohia donc, même le formidable Being In Love qui dépeint avec justesse les craintes et les espoirs inhérents au sentiment amoureux ressemble à une tragédie ! La "faute" à un Molina aux paroles belles mais terriblement tristes, poussées par une voix lasse. L'instrumentation est squelettique, essayant d'en faire le moins possible, poussant des surenchères sonores uniquement lorsque la tension et la tristesse ne peuvent plus être contenues.
La force de Songs: Ohia, c'est qu'à l'instar de Smog, deux ou trois accords suffisent à faire un morceau... et notre bonheur par la même occasion. Et comme si tout cela ne suffisait pas, les deux gais lurons d'Arab Strap Malcolm Middleton et Aidan Moffat viennent mettre leur grain de sel et assurent donc l'accouchement du cousin américain de Philophobia. On en viendrait presque à se dire qu'aimer de tels disques relève d'un voyeurisme assez pervers.

Eric F. pour millefeuille.fr le 14 juillet 2004
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