Black Uhuru : Sinsemilla (1980) (*** REGGAE ***) posté le jeudi 18 mai 2006 18:43

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, Black Uhuru : Sinsemilla (1980)

Genre  :  Reggae Jamaica
Note :  ***


L’orage était annoncé par de violentes lueurs fantasques et blanches. A l’intérieur de la carlingue du Boeing 747 de la compagnie British Airways le signal invitant les passagers à bien vouloir rattacher leur ceinture s’était brusquement ranimé, accompagné du familier petit signal sonore. Nous nous trouvions à un quart d’heure de vol des côtes de Floride sur la ligne Miami-Londres et tout baignait jusqu’alors dans une atmosphère de stoïcisme douceâtre qu’affectent dans leur majorité les usagers du trafic aérien dépucelés de longue date. Nous nous trouvions juste au-dessus du triangle des Bermudes et les rafraichissements avaient été servis. Chris Blackwell, plus que le P.D.G., l’âme d’Island, en avait terminé avec le mixage d’«Uprising» et regagnait ses quartiers londoniens. Blackwell, précisément, en vint à parler musique et citant le groupe dans lequel il misait le plus d’espoir, sans doute victime du système d’aération extrêmement zélé, ce pauvre Chris qui ressemble de plus en plus à un personnage de John Le Carré éternua au même instant. Il hurla «UHURU» comme Tintin hurle «TCHANG» dans le restaurant de l’hôtel suisse où il déjeune au début de «Tintin au Tibet». Et cela provoqua non seulement l’épouvante parmi l’assistance qui voyait l’orage secouer l’avion comme si King Kong l’avait saisi au vol, mais fut aussitôt suivi par un impressionnant trou d’air qui en a certainement constipé quelques-uns à vie. Black Uhuru eh ! oui. Un nom magique, un groupe magique et «Sinsemilla» qui est à l’herbe ce que cet album est au reggae. Enfin ne mélangeons pas tout.
Le groupe qui existe depuis quelques années n’a finalement véritablement commencé carrière qu’après sa rencontre avec Sly Dunbar et Robbie Shakespare qui ont produit cet album pour leur label Taxi et emmènent une fois de plus les Révolutionnaries dans leur épais sillon. Toutes les musiques ont été composées par Sly et Robbie et ils ne manquent pas de nous rappeler qui sont les maîtres de l’hypnose rythmique comme nous en ote le doute le démonstratif «Vampire». Sly surtout. Sa batterie et les quelques gadgets qu’il utilise forcent, d’ores et déjà l’écoute de cet album. Dès «Happiness» il imprime une scansion, réhaussée par la basse au son fuzzy de son puissant compère. La seule modernité de Black Uhuru résidant dans cet écrasement du son, cette masse concassée qui lui donne toute sa charge physique. Le trio vocal qui faillit légèrement à la tradition puisqu’il présente une femme (hein ?!?!) et deux hommes dont la performance sur le meilleur du lot «Push Push», «Sinsemilla», évoque les Mighty Diamonds. Rien de très nouveau donc mais si vous avez dilapidé toutes les richesses d’«Uprising», «Sinsemilla» peut être votre combustible de l’été.  

Francis Dordor dans BEST n°146 de septembre 1980
© 1980 BEST. Tous droits réservés.

Retrouvez tous les articles

Déposez un commentaire !


Mieux vous connaître (facultatif) :

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.103.63.59) pour vous identifier.

Tous les commentaires liés à l'article : Black Uhuru : Sinsemilla (1980)

Aucun commentaire

 -