Genre : Reggae Jamaica
Note : ***
Sa belle voix grave est à nouveau capturée. Les mélopées ténor passionnées qui s’échappent du gosier de Winston Rodney sont de plus en plus solides, émouvantes. Comme le bon vin, Burning Spear s’affine avec l’âge, le groupe comprend maintenant dix personnes minimum. Les cuivres sont tenus par trois charmantes américaines et ensemble, ils sont parvenus à faire un disque encore mieux que le précédent «Resistance», déjà très consistant.
Le big band roule sur l’Europe (Zénith bientôt) et l’un des Grands Sorciers du reggae réussit son nouvel album. Sacrée nouvelle, car le Spear s’impose comme roi de la scène, qu’il pratique imperturbablement, pas un gang de reggae ne saurait lui voler le show, et ses disques confirment que la flamme qui l’anime est déjà un incendie.
Avec des pièces de grosse artillerie comme «Seville Land», «No Worry You’self», Burning Spear pose des pierres dans l’histoire du reggae beat. Plus classique que jamais, son style s’affirme encore, et ce remaniement au département cuivres ajoute une touche de classe Manhattan Special, un je-ne-sais quoi de féminin magnifiquement mis en valeur dans les studios Tuff Gong (Le clan Marley) à la Jamaïque (mais on notera que le Remix a les mêmes origines New Yorkaises que Pam, Nilda et Jennifer).
Le son est radicalement puissant et enchanteur, New York, donc, mais pour nous ça change pas trop, l’essentiel est l’envoûtement qu’ils ont bricolé et qui marche, faudrait parler de soleil, de la gravité du Spear pendant les interviews, de contemplation béate pour mieux comprendre. Ce disque est un vrai beau disque, il est réussi et il en résulte que Burning Spear s’offre à nous dans les meilleures conditions, c’est un miracle, on est pas déçus, bravo les gars, vite un autre.
Bruno Blum dans BEST n°225 d'avril 1986
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