Genre : Reggae Jamaica
Note : ***
Soul Adventurer contient des titres rares réalisés avec Lee “Scratch” Perry, sauf trois gravés pour Tuff Gong. Ce nouvel album d’une qualité exceptionnelle révèle les ultimes versions inédites de titres connus. Variante des paroles de Soul Rebel, prise inouïe de Don’t Rock My Boat (futur Satisfy My Soul), sans doute la plus dynamique de toutes. Sun Is Shining, un sommet de la période, est présenté ici dans une déstabilisante version DJ : Johnny Lover – vendeur à la petite boutique Tuff Gong – et un Tosh complice psalmodient rasta style face aux deux autres Wailers, annonçant, dès 1971, l’avènement du rap. L’apothéose de la série est peut-être cette seule rencontre enregistrée entre Bob Marley et U Roy, l’inventeur du toast en personne, qui s’affrontent sur la rythmique de Trench Town Rock. Ce 45t aussi rarissime qu’exquis ressurgit enfin du néant. Une version différente de Concrete Jungle, des versions intégrales de titres précédemment tronqués (Put It On), et un remix dans l’esprit dub de la version chantée de Man to Man (futur Who the Cap Fit), complètent le tableau. Les versions longues de Rainbow Country (Bob déchaîné sur plus de six minutes de chant) et Natural Mystic, les deux premiers reggaes avec batterie électronique (un an après Kraftwerk…) achèvent de rendre ce recueil indispensable. Le génie de Marley, bientôt révélé hors de Jamaïque par Catch a Fire, est déjà bien là.
Service Musiques dans Les Inrockuptibles
Hors série Bob Marley du 1er juin 2002
© 2002 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.
C’est l’ultime album de cette prodigieuse série. Il réunit les derniers titres de la période 1967-1972. Des inédits, en grande partie. Il aurait pu être le plus mauvais et ne compter que des fonds de tiroirs improbables et inintéressants. Il est en fait l’un des meilleurs et ne comporte que des perles fines. Il clôt magnifiquement ce voyage musical (une dizaine d’heures de bandes au total) dans l’oeuvre jamaïcaine du jeune Marley.
On trouve des variantes des plus grands titres de la période, les superbes «Concrete Jungle», «Soul Rebel» et «Keep On Moving», par exemple. Par ailleurs, on peut entendre les versions longues de «Reaction», «No Sympathy» et de «Rainbow Country». Les enregistrements de cette époque sont souvent très courts, ils durent parfois moins de deux minutes. Ces versions longues sont donc les bienvenues. Enfin, il compte quelques versions deejay vraiment admirables. D’abord il y a «Trenchtown Rock», avec U-Roy. C’est le seul enregistrement connu des Wailers au côté de l’inventeur du toast. Ces improvisations chaloupées, ponctuées par ces fameux «Huu !» et autre « Heyy !» perçants, sont entrecoupées par les choeurs délicieux des Wailers. Un des grands moments de l’aventure musicale jamaïcaine ! La version de «Sun Is Shining», avec Johnny Lover, est peut-être moins brillante, mais possède une profondeur saisissante. C’est probablement la plus grande chanson de Marley écrite à l’époque. Découvrir cette version inédite, où un deejay inconnu vient psalmodier sur ce riddim lancinant, devrait émouvoir aux larmes le plus tuff des bad boys ! Johnny Lover était le vendeur de la boutique de disques des Wailers. Il restera pour nous l’animateur merveilleux d’un «Sun Is Shining» plombé de nuit.
Nicolas Pradat dans Reggae Magazine
n°21 spécial Bob Marley de l'été 2003
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dim 08 avr 2007 03:08