The Trash Can Sinatras : Cake (1990) (*** 1990's ***) posté le dimanche 21 mai 2006 19:12

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Genre  :  Rock alternatif UK
Note :  ***


Nombreux sont ceux qui ont dû porter une oreille dubitative sur les sonorités trop parfaites du superbe Obscurity knocks, le premier single des Trash Can Sinatras. Comment un groupe, si jeune — vingt ans de moyenne d’âge — pouvait-il oser dès son premier essai une chanson si brillante, croisement spontané de l’Ecosse des Blue Bells et du meilleur des Byrds ? Anguille sous roche ? Requins de studio ? Que nenni. Du talent, simplement, très vite confirmé par un deuxième 45 tours, l’idyllique Only tongue can tell, plus riche encore, avec ce petit rien d’emphase lumineuse sur des refrains de rêve. Alors, miracle ? "Nous venons d’Irvine, sur la côte ouest de l’Ecosse. Nous y avons grandi en silence, entre nous. Notre nom reflète assez bien ce que nous voulons faire de ce groupe : un mélange savant de mélodies séduisantes et d’un son "garage". Nous sommes les Sinatras des poubelles. Aujourd’hui, nous sommes prêts à nous faire entendre, mais pas à la manière de Deacon Blue ou de Texas, qui débarquent à Londres en se proclamant "grands espoirs britanniques". Nous avons opté pour la discrétion. Nous resterons chez nous." Cake, leur premier album, parlera à leur place.

Emmanuel Tellier dans Les Inrockuptibles n°25 de septembre-octobre 1990
 © 1990 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.

Pas ici de crooners hardcore, mais une bande de gentils Ecossais qui ont composé avec leurs guitares sèches un premier album de chansons douces et ambitieuses. La gentillesse n'est pas une tare (tout le monde n'a pas la chance de naître avec une seringue dans le bras), elle a aussi, des Everly Brothers à Paddy McAloon, ses lettres de noblesse dans l'histoire de la pop. Mais du jeune homme sensible à la tête à claques, il n'y a qu'un pas. Les Trash Can Sinatras touchent là de très près le syndrome Aztec Camera (évident dans les intonations du chanteur Frank Read ), capable de vibrantes décharges d'émotion (souvenons-nous de Oblivious ou de Orchid girl) comme du plus mielleux des larmoiements. Si une demi-douzaine de chansons chatoient ici des arpèges dignes du meilleur Johnny Marr accompagnant un Roddy Frame vitaminé et inspiré (Obscurity knocks, Only tongue can tell ), presque autant de titres se cloisonnent dans les harmonies soigneuses d'une crédibilité romantique, équivalent musical aux photos de David Hamilton. De belles envolées mais attention au sucre.

Stéphane Davet dans Les Inrockuptibles n°25 de septembre-octobre 1990
 © 1990 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.

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