Slint : Spiderland (1991)  (*** 1990's ***) posté le jeudi 25 mai 2006 08:53

Genre  :  Rock alternatif USA
Note :  ***


Avant de devenir la référence de tout un pan du rock mondial – en France, Slint remplirait aujourd'hui Bercy avec seulement ses suiveurs –, cet éblouissant album végéta longtemps dans l'anonymat. Disque tendu et dense, d'une précision mathématique, il inventait, littéralement, une façon neuve et dynamique de faire du rock à guitares – on dira, plus tard, du "post-rock". Comme Eno l'avait dit du premier Velvet, "Peu de gens l'ont acheté, mais tous ont formé un groupe."

200 trésors cachés Les Inrockuptibles n°200 du 26 mai 1999
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Bien dur de parler de ce disque douze ans après sa sortie, surtout avec tout ce qui a pu être dit dessus dans la presse. Encore plus dur de trouver quelque chose à redire sur cet album. Si on vous rabat les oreilles a longueur de magazines sur l'importance qu'a pu avoir cet album sur des centaines de groupes aussi variés que Mogwai ou Sparklehorse, ne vous demandez pas pourquoi. Tout simplement parce que vous avez affaire à un sommet, une pierre angulaire de la musique Américaine à guitares. Un tel plaidoyer en deviendrait presque gênant. Impossible de s'ennuyer tout au long de ces six merveilleux titres, laissant l'auditeur aux aguets à se demander quand il aura droit à la prochaine averse de décibels (de préférence vite !). Après tout, si on évite ici difficilement le cliché de la musique faite pour les pauvres âmes en peine bien solitaires, que peut-on trouver à redire face à autant de grâce froide ? Le summum étant atteint sur un Washer du feu de dieu, la plus belle construction en montagne Russe jamais écrite, et ça, aucun Mogwai ne pourra le surpasser. Si trop dire du bien d'un disque tue ce disque, autant s'arrêter là, et que les retardataires se rattrapent.

Eric F. pour millefeuille.fr le 14 juillet 2003
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"Spiderland" est un titre splendide. Normal, c'est un album de Slint. Et comme c'est un album de Slint, c'est également un album splendide, deuxième (et dernier, snif) du groupe.
"Breadcrumb Trail", avec ses chants criés puis parlés, ses guitares et mélodies torturées, sa batterie ravageuse et sa basse laminante, nous plonge en plein cauchemar, sombre et glauque à souhait, stagnant, où quelques lumières arrivent difficilement à créer une accalmie psychique. S'en suit "Nosferatu Man", qui transforme le cauchemar placide en tempête mentale, entre peur et colère, rage et désespoir, résignation et rébellion. Heureusement, "Don, Aman" apaise le cyclone subconscient, mais pour mieux le torturer via un désespoir sans fond, d'abord calme puis affreusement lancinant pour finalement ne pas éclater horriblement. "Washer" nous ramène dans un monde presque joyeux, où le morbide et l'amour côtoient une nostalgie profonde via des arpèges sublimes et un chant poignant, tandis que peine une lueur d'espoir. "For Dinner..." rend lancinante et presque normale cette torpeur négative et désespérante. Finalement, l'incroyable "Good Morning, Captain" rajoute une couche de tension malsaine, pour mieux la faire voler en éclats en vomissant toute la rage, la colère et le mal-être accumulés durant l'écoute de "Spiderland". ENORME.

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