chronique : White Box Requiem (1996) (*** Qui est JANDEK ? ***) posté le vendredi 26 mai 2006 20:13

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WHITE BOX REQUIEM - 1996

Le Requiem de la boîte blanche fait suite au cristallin et presque serein Glad To Get Away (1994), révélant une interruption d’au moins une année dans les productions de Corwood – événement suffisamment rare pour être signalé. Nous ne saurons sans doute jamais ce qu’il s’est passé durant ce laps de temps. Un deuil – celui d’un enfant, comme le laisserait supposer le titre ? Ou quelqu’autre traumatisme ? Toujours est-il que White Box Requiem se présente, à la première écoute, comme un absurde gâchis sonore : une voix + une guitare qui se cherchent sans jamais vraiment se rejoindre, des plages qui s’interrompent abruptement et reprennent plus loin, des traces de comptines, des arpèges hésitants, une voix triste et lasse – le tout donnant à pressentir que nous sommes en présence de l’album le plus raté du monde. Si nous nous en tenions à ce qu’on est communément en droit d’attendre d’une œuvre musicale enregistrée, White Box Requiem serait à verser dans la poubelle des objets sonores non-recyclables, tant cet album exige une écoute ‘excentrée’. Mais reprenons. Ou plutôt, reprenons le chemin – car il s’agit bien d’un chemin auquel nous convie Jandek, lequel s’ouvre sur une clairière instrumentale (The Glade). D’emblée, Jandek nous (ou se) dit : ‘je suis mort’ – et signale l’existence de ses initiales gravées sur la boîte blanche. Clairière aux épitaphes, donc. Mais le chemin se révèle très vite impraticable : trop d’obstacles, trop de pensées. Il faut donc stopper net, revenir sur ses pas, repartir sur d’autres directions – tout n’étant que question de vie ou de mort (‘When i live i will die, when i die i will live/ When i live i will live, when i die i will die’) – mais aussi de repentance. Et l’interrogation continue, se déplace : les intermèdes instrumentaux, environnés d’un écho persistant, sont là pour rendre le paysage sensible – là on marche dans la prairie, ici on approche de la ville, là encore : un soleil dissonant se couche sur l’horizon.

Phasme, posté sur le forum jamrek.com le 18 octobre 2004

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