La pochette de I Woke Up ne laisse présager rien de bon : un vieux canapé défoncé, abandonné dans un jardin, à moitié envahi de lierre, et devant quoi gît un vieux morceau de tronc d’arbre — le tout, dans une lumière sale. Comme le précédent (White Box Requiem), I Woke Up me semble être un album ‘concept’ : une sorte de continuum semble relier les morceaux les uns aux autres. Les instruments : guitare acoustique, harmonica (quasiment omniprésent), accordéon, batterie, ‘calebasse’ (?). Deux voix : l’une grave, l’autre moins — mais, curieusement, rien ne permet de dire qu’il y a, dans cet album, deux chanteurs différents. A noter l’utilisation quasi-permanente du ‘délai’ — conférant à l’ensemble une sonorité lointaine, spatiale. Pour en revenir à l’harmonica : son usage, chez Jandek, me semble plus proche de celui des montagnards des Carpates, que de celui des cowboys de la Grande Plaine. I Woke Up contient par ailleurs un morceau qui fait encore débat chez les jandekologues : Pending Doom (Voix + ‘calebasse’ — presqu’un chant ‘tribal’). Certains d’entre eux y voient, en effet, comme une prémonition du 11 Septembre 2001. C’est vrai, qu’à lire ces paroles énigmatiques — où les mots de ‘menace’, ‘complot’, ‘New-York’, ‘navigateurs inconnus’, se côtoient — la question mérite peut-être d’être posée :
Doom / Pending doom [6x] / New York, you (?) / Pacific sea / Pending doom / Two travelers approach / Unconscious thread / In shield of friendship / On parallel course / Master ??? / Master navigator plotted / Unknown / Master navigator plotted / Unknown / Unknown to will of man
Ces événements - en 1997 - étaient déjà très certainement dans l’air du temps (si on peut dire). Et donc dans les esprits. Donc, pas de phénomène paranormal – qu’on se rassure. Preuve en tout cas que Jandek n’est certainement pas déconnecté du monde, comme on aurait trop tendance à le penser.
Phasme, posté sur le forum jamrek.com le lundi 4 octobre 2004


