Jandek : les pochettes d'album (1978-2006)  (*** Qui est JANDEK ? ***) posté le vendredi 26 mai 2006 18:55

Quelques réflexions judicieuses concernant la production de Jandek observée sous l'angle des intrigantes photographies qui ornent les pochettes d'albums depuis 1978. Une œuvre à part entière ?


Je me suis mis à Jandek il y a presque un an, mais je n'ai pu que récemment acquérir une partie de la discographie "réelle".
Quelque chose me chiffonne pas mal au niveau des photos du bonhomme.
Comment se fait-il que son apparence physique change-t-elle aussi abruptement ?
Il apparaît d'abord jeune, assez frêle ("Follow Your Footsteps"), puis plus musclé sur "Modern Dances". Puis sur "Somebody In The Snow", ou selon moi il apparaît le plus filiforme. Il n'y aurait aucun problème si cette photo était antérieure au personnage plus "imposant" de "Modern Dances". Mais les photos de lui sur scène montre un homme maigre, et ce sont les dernières. Il apparaît également un peu "bouffi" sur "This Narrow Road".
Sans avancer la théorie des jumeaux (et encore) les pochettes me laissent plus que perplexe et ne font que renforcer le mystère, dont une partie s'est pourtant levée récemment.

Adri a posté ce message le 29 décembre 2005 sur Jamrek.com


Pour ma part je ne vois aucun mystère dans sa personne (ce qui n'était pas du tout le cas au début de ma rencontre avec sa musique), Jandek c'est le roi du "less is more", à partir de là on peut échafauder toutes les théories possibles et imaginables. Il n'y a pas une chronologie cohérente.
Celle des jumeaux est tentante... Drame familial ? Comme toi c'est "This Narrow Road" et "Worthless Recluse" qui me posent question.
Mais en fin de compte "ce ne sont que les images d'une vie", de l'adolescent téméraire de "Six And Six" à l'homme apaisé de "A Kingdom He Likes", celui qui a choisi de se produire en public. D'un bout à l'autre, c'est bien une quarantaine d'années durant lesquelles il est forcément logique que des changements physiques interviennent en fonction des aléas de la vie. Pour moi le mystère ne se situe pas à proprement parlé à ce niveau-là mais bien dans la qualité intrinsèque de ces photographies qui à mes yeux, sans intention particulière de leur(s) auteur(s) peut-être ou sans doute, sont de véritables productions que l'on peut placer sans mal dans le champ artistique (mise en scène, cadrage, onirisme, ...) On ne peut pas vraiment en isoler une plus qu'une autre. Elles forment un tout et sont inséparables. Indissociables de la musique de Jandek. C'est leur force et leur magie. Un chemin à suivre, un puzzle à recomposer. Une œuvre à part entière.
Beaucoup se moqueront de ces photographies mais crois moi, c'est pas à la portée de n'importe qui de fabriquer des images comme celles là.

Ryoji a posté ce message le 30 décembre 2005 sur Jamrek.com


C’est un fait qu’il est très difficile de saisir la logique de tout çà. Et le ‘coup’ de la barbe, qui apparaît soudainement sur la pochette de "The Door Behind", et qui sera réitéré jusqu’à "Khartoum", n’est pas fait pour nous simplifier la vie (outre le caractère éminemment provocateur du dernier titre). Je suis d’ailleurs convaincu que de tenter une sorte de classement chronologique des clichés où Jandek (ou ce qui semble être lui) apparaît, est voué d’avance à l’échec, du moins pour le moment. La seule chose dont on soit sûr, c’est que le personnage ne va pas en s’épaississant et qu’au contraire – pour l’avoir vu sur scène – son apparence tend à devenir dangereusement concave. L’hypothèse d’une maladie dont il serait victime depuis plusieurs années est avancée ici et là, et je ne sais qu’en penser (et faut-il en penser quelque chose ?)
Une autre énigme dont on n’a pas encore parlé, et qui me semble avoir son importance : qui tient l’appareil photo ? Dans certains cas, on peut supposer qu’il s’agit d’auto-portraits ("Six and Six", "The Living End", "The Kingdom He Likes" par exemple), mais dans d’autres, il est évident qu’une tierce personne est présente ("The End Of It All", par exemple, où Jandek nous est présenté quasiment de dos).
Quant aux clichés ‘paysagers’ (d’intérieur et d’extérieur), le doute est encore davantage de mise.
Bref, tout çà pour dire qu’un travail de décryptage du matériel visuel des productions corwoodiennes reste à faire, sachant que dans la plupart des clichés, me semble-t-il, se dissimule au moins un détail qui confère à la photo un rendu ‘étrange’, ‘intrigant’ (exemple : le livre de Marlowe, l’objet qui remplace le pied du divan, le rideau jaune passé et les fleurs rouges, sur la pochette de "Ready For The House"). Il semblerait qu’il y ait derrière tout çà tout un art de la mise en scène, mais pour quelle dramaturgie ? That is the question.
En tout cas, je rejoins tout à fait les propos de Ryoji : un album de Jandek est un tout – objet solitaire, sans attache, ne répondant à aucune attente particulière, objet qui pourrait à la limite se définir comme un détournement du ‘concept album’. Il est d’ailleurs presque dommage que Corwood ait abandonné le vinyle – le format LP (abandonnée tardivement – comme si Corwood avait longtemps hésité sur la question, et ce pour des raisons strictement artistiques) convient mieux à l’expression photographique.

Phasme a posté ce message le 30 décembre 2005 sur Jamrek.com

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