Neil Young : Silver And Gold (2000) (*** 2000's ***) posté le mardi 06 juin 2006 18:10

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Genre  :  Country Folk Canada
Note :  ***


"On jouait dans un groupe de rock, on était jeunes et sauvages..." Décidément, Neil Young le cavalier solitaire ("Loner" est son surnom) semble rattrapé par son passé collectif. Après avoir participé à la dernière réunion discographique de ses vieux compères Crosby, Stills et Nash, il travaille, dit-on, à la réalisation d'un coffret rassemblant les oeuvres de Buffalo Springfield, son premier groupe : un orchestre pop-folk mythique, qu'il créa à la fin des années 60 avec Stephen Stills, et qui fait ici l'objet d'une chanson nostalgique. Le nouveau Neil Young est donc résolument mélancolique. Et totalement acoustique, avec guitare et harmonica de rigueur. Enregistrées à la maison, avec une bande de copains (dont Jim Keltner, le batteur favori des vieilles gloires du rock), ces dix chansons de country classique et rustique fleurent bon le feu de cheminée et les couchers de soleil sur la plaine. Tout ça est joué sans prétention, à la bonne franquette, sans doute en live : Young a volontairement omis de gommer les fautes de tempo, les fausses notes ou les approximations vocales. Comme si le Loner et ses potes venaient jammer dans votre salon... Un disque anecdotique, mais paisible et plaisant. Les exégètes pointilleux parleront d'autoplagiat et de routine mélodique (The Great Divide, par exemple, rappelle Helpless, une chanson qui date de plus de trente ans). Après tout, impossible de reprocher à cette vieille marmite de Young de nous concocter ce qu'il sait le mieux cuisiner : de la bonne soupe.

Philippe Barbot dans Télérama n°2625 du 6 mai 2000
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Neil Young n’avait rien publié de nouveau depuis “Broken Arrow”, il y a quatre ans. D’abord annoncé comme un exercice country soul en compagnie de Spooner Oldham et de quelques vétérans de la maison Stax, ce “Silver And Gold” se présente, finalement, comme une suite à son “Harvest Moon” de 1992. Et, si sa production s’est révélée un brin chaotique — le disque a été réenregistré plusieurs fois sur une période de deux ans — il faut bien avouer que ce nouveau recueil de chansons est un brin décevant, surtout si l’on considère que tout récemment, le Loner livrait deux de ses meilleurs albums (“Ragged Glory” et “Sleeps With Angels”). Neil Young se serait-il laissé distraire par la préparation, probablement harassante, de sa fameuse série de coffrets d’archives annoncée (comme depuis dix ans) pour “la fin de l’année”, voire par sa récente collaboration (pourtant pas bien glorieuse) avec Crosby, Stills & Nash ? Toujours est-il que, si l’on excepte le splendide “Distant Camera” et un “Without Rings” fredonné avec une voix grave que l’on sent usée par les années, la plupart de ces nouveaux titres peinent à suggérer l’idée d’un grand cru. Bien sûr, il n’y a rien ici de comparable au ratage du dernier CSN&Y. “Good To See You” est une bonne chanson, “Horseshoe Man” et “Red Sun” ont leurs moments, et “Razor Love” s’épanouit même avec une certaine majesté tout au long de ses six minutes. Mais, à l’arrivée, on ne peut s’empêcher de se demander où va Neil Young avec tout ça. Sur “Buffalo Springfield Again”, il parle de reformer son combo des années 60... Pas sûr que ce soit la meilleure solution. 

Cédric Rassat dans Rock & Folk n°393 de mai 2000
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