Genre : Post Rock USA
Note : **
De par le monde, les fans de Godspeed You Black Emperor! vouent un véritable culte au collectif canadien. À genoux, mes biens chers frères. Certains sont prêts à marcher sur les eaux et à ouvrir les mers en deux pour se procurer les inédits du groupe ou se rendre à leurs trop rares prestations scéniques. D’autant que l’ensemble de Montréal multiplie les formations satellites comme d’autres les miracles. Après un indispensable premier chapitre, le magnifique He Has Left Us Alone, Butt Shafts Of Light Sometimes Grace The Corner Of Our Rooms (ils pouvaient pas faire plus court comme titre), Efrim Menuck, Thierry et Sophie, associés à trois nouveaux membres (violoniste, violoncelliste et second guitariste) rédigent la suite des commandements de leur table de la loi de la musique de chambre néoclassique autour de denses et divins arrangements. Les bouleversantes guitares électriques sont jouées par le Père créateur, les complexes rythmiques tenues par le Fils et les subtiles cordes par le Saint-Esprit. Empruntant le nom générique de leur album au Livre de Job, ces messies illuminent les feuilles de partitions tout en “élevant les humbles et ranimant ceux qui se croyaient perdus“. On rentre dans ce disque comme l’on entre en religion, avec humilité et dévotion. Aussi, on souhaite à tous les musiciens d’être des lâches avec cette même bonté exemplaire (Take These Hands And Throw Them In The River). Porté par de telles ambiances oniriques et angéliques, Le Mont D’Argent Zion se gravit les yeux fermés. Mont est merveille.
Jean-Noël Dastugue dans magic! n°56 de novembre-décembre 2001
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