Genre : Rock alternatif Australia
Note : ***
Résumé des épisodes précédents : après s’être commis dans sa prime jeunesse avec les Birthday Party, fièrement inaudibles et convenablement destroy, l’Australien Nick Cave, dit «The Caveman», succombe au blues par la grâce de John Lee Hooker, et décide d’en découdre avec l’idiome négligé. Exilé à Berlin pour mieux retrouver ses racines (?), Cave enlisé jusqu’au cou dans l’eau boueuse originelle y entraîne à sa suite les Mauvaises Graines, cosmopolite combo voué au rachat de ses péchés punk. Deux albums plus tard (dont le remarqué «The First Born Is Dead», plus connu sous le nom de sa chanson générique, «Tupelo»), et Cave et les Bad Seeds semblent avoir pris une sacrée vitesse de croisière . On vous relatait ici même, pas plus tard qu’il y a deux mois, la suite attendue de leurs tribulations, à savoir cet album de précieuses reprises concocté par d’indiscutables fans. Cette fois-ci, c’est du «vrai» nouveau Nick Cave qu’il est question. Un double maxi (8 titres) qui bénéficie de la leçon des arrangements impeccables de «Kicking Against The Pricks», ci-dessus évoqué, comme de la rage insidieuse de «Firstborn». Juste synthèse, donc, des deux pôles — blues extrémiste crooneries délètères — jusqu’ici explorés par le Cave, «Your Funeral... My Trial» propose le désormais habituel lot de «death songs» lugubres chères à l’auteur («Long Time Man», «Your Funeral»), un exemple intéressant de dégénerescence appuyée du classique «Bo Diddley Beat» («Hard On For Love»), quelques velvetiennes retombées brumeuses(«Stranger Than Kindness»), et même une valse hallucinée («The Carny»). Le tout haletant, parfois («Jack’s Shadow»), fatal, souvent («Sad Water»), mais toujours oppressé, tendu, comme inéluctable. Allez, au mois prochain.
Laurence Romance dans BEST n°222 de janvier 1987
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