David Bowie : Heroes (1977) (*** OLDIES ***) posté le samedi 06 mai 2006 22:30

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Genre  :  Pop Rock UK
Note :  **


Bowie aime à être déroutant, c’est son truc, changer de style pour chacun de ses disques, et de personnage aussi. Avec «Heroes», déroutant il l’est encore plus, parce qu’il a suivi le chemin tracé par «Low». C’est son nouveau truc. Même texture, même conceptîon, «Heroes» présente une face de rock sacrément puissant et une face de rock sacrément synthétisé. Mais Bowie est allé plus au fond des choses, il s’est mouillé encore plus et le résultat est véritablement convaincant. Tout au moins l’est-il pour la première façe. Il y a le son implacable qui avance sans retour, poussé par ce swing mécanique et paradoxalement surchauffé, Dennis Davis et Carlos Alomar scandent et pulsent, avec une régularité intraitable, une rythmique complètement achevée. Fripp balance ses riffs de métal acéré et crée le trouble comme il sait si bien le faire. Stridences et compagnie. Eno, d’ailleurs, à ce niveau s’y entend bien pour établir la surenchère. Il a co-signé quatre morceaux avec Bowie sur le disque. Et sur cette trame de violence presque lugubre, presqu’effrayante, David trouve le moyen d’être émouvant. Avec Tony Visconti, il a fait un travail de production chiadé jusqu’à la perfection mais la virulence de l’instrumentation l’y forçait bien sûr, sous peine de tomber dans une confusion gênante. A partir de là les compositions se découvrent une urgence jamais prise en défaut, en d’autres termes Bowie déménage dur et sec et ferme. Vous voyez bien de quoi il est question n’est-ce pas ?
Cette couleur qui lui est si familière, ce vertige de sons, cet air de S.F. et les musiciens qui tournent inexorablement et David qui survole tout en donnant le souffle. Une partie de la seconde face reprend les expériences, avec l’aide d’Eno, directement influencées par les musiciens allemands. On peut noter également l’influence de son récent voyage en Extrême-Orient. Personnellement j’ai du mal à m’y faire, un peu trop froid pour mes artères, heureusement, David termine la face avec plus de vivacité et d’énergie. De toute façon la première face vaut à elle seule le déplacement. Qu’en pensez-vous ?  

Bill Schmock dans BEST n°112 de novembre 1977
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