u.n.p.o.c. : Fifth Column (2003) (*** 2000's ***) posté le dimanche 25 juin 2006 10:32

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, u.n.p.o.c. : Fifth Column (2003)

Genre  :  Rock alternatif UK
Note :  ****


Depuis qu’on s’est entiché de U.N.P.O.C., découvert à travers l’imparable single Amsterdam, pas une journée ne se passe sans qu’on revienne à la source de cette folie douce. Car dans le vent de psychédélisme qui souffle actuellement outre-Manche, le projet de l’Écossais Tom Bauchop est vite devenu l’empêcheur de tourbillonner en rond, à côté duquel The Beta Band ferait presque figure d’enfant de choeur par trop sage. Perdu au milieu de nulle part (cf. la pochette), l’auditeur retrouve vite son chemin au contact de la somme des parangons ici convoqués : Pink Floyd (Amsterdam) et The Beach Boys (Avignon) en tête. La jubilation qui en découle est proportionnelle à la teneur hallucinogène de ces mélodies siphonnées, de ce chant imprécateur, de ces arrangements dérangés... Tant et si bien que Fifth Column ferait obligatoirement office de bande-son au remake de quelque Vol Au-Dessus D’Un Nid De Coucou. En savant fou aux prises avec ses propres démons, Bauchop s’entoure d’un batteur (Stu Bastiman) au toucher idéal dans un tel contexte acoustique. Ce qui n’empêche pas la superposition de motifs plus foutraques (et jouissifs) les uns que les autres. Imaginez donc les Kings Of Convenience trempés dans un bain d’acide, poursuivis par le monstre du Loch Ness et entonnant les hymnes les plus joyeusement désespérés du moment, vous aurez alors une idée du génie créatif qui sommeille en U.N.P.O.C. Quelle époque épique...  

Franck Vergeade dans magic, n°76 de novembre/décembre 2003
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Syd Barrett n'est plus mort (artistiquement). Non, il a même enregistré un disque sous les initiales d'u.n.p.o.c., plus proche de Madcap Laugh que de ses chansons avec son premier groupe. Ainsi, ne pas s'attendre à une production grandiose, des cascades de violons, ou juste des sons de synthé inquiétant. L'économie de moyen fait ici office de principe esthétique (n'est-il pas d'ailleurs un des "inventeurs" de la lo-fi, cette musique libre d'être enregistré dans sa cuisine ou sa salle de bain, au petit matin ou après une cuite mémorable), bien qu'à l'époque, fin des 60's, ce ne fut pas un choix mais plutôt une nécessité face à la lucidité fuyante et les chansons déglinguées de l'ex-Pink Floyd.
Mais cessons la confusion. Sous les cinq lettres de ce groupe se cache principalement Tom Bauchop, quelque fois accompagné d'un batteur. Seul ou à deux, l'Ecossais Tom déploie pourtant une véritable science pour arranger ses chansons avec trois fois rien, sa guitare, sa voix, une basse... En effet, là où des groupes cachent leur misère mélodique sous une couche d'instruments dit classiques, M. Bauchop voit le beau dans le nu, souvent agrémenté d'harmonies vocales un peu irréelles, donnant à ces chansons un avant-goût d'un paradis pour fantômes, ou d'une chorale de doux lunatiques en pleine euphorie. De ça de là, une guitare électrique, des instruments non identifiés (à voix, à vent ?) viennent étoffer le propos, principalement un folk simple et rachitique mais habillé avec génie. Parfois, la lune change, le calme se brouillant d'inquiétude, début d'hallucination moins agréable, Come In en dérive droguée hypnotique, ou Dark Harbour Wall en redescente brutale vers une réalité plus amère.
Cette chronique serait incomplète si on ne mentionnait pas cette voix, un peu fausse, mais terriblement expressive, qu'elle serve à une déclaration d'amour entêtante (I Love You Lady Luck), raconte des voyages dans une Amsterdam pendant un automne certainement humide et embrumé, jusqu'au Nicaragua en destination finale mais éprouvante, tant Tom Bauchop semble avoir une tête des plus tordue mais passionnante. Et comme l'avait déjà fait remarquer un journaliste à propos de Syd Barrett, cette voix hante le crane de l'auditeur longtemps après le disque fini.
Sur le livret, des photos de voyage, une tente en montagne au milieu de nulle part... Tom B pensait peut être y retrouver sa tête. Après ce Fifth Column, on ne peut que lui conseiller de pousser ses recherches jusqu'à la lune et sa face cachée, et même au delà.

Franck sur liabilitywebzine.com le 9 février 2004
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