Genre : Rock alternatif Canada
Note : ***
Tête basse et guitare à la main sur la pochette de son premier album, Howie Beck erre le long d’une antédiluvienne voie ferrée envahie par les mauvaises herbes. Achevant probablement de composer là son précieux Hollow, le Canadien n’a pourtant rien du chanteur folk imaginé, mais, bien au contraire, d’un authentique mélodiste pop que l’on imagine éduqué aux accords des Beatles et Elvis Costello. À l’instar d’Ed Harcourt, auquel on ne peut s’empêcher de le comparer, Howie Beck a écrit et enregistré seul, des nuits durant, dans son modeste appartement de Toronto envahi d’instruments. Le parallèle ne s’arrête d’ailleurs pas là, et révèle chez les deux musiciens cette même aptitude à pondre ces refrains universels (le tubesque Baby Plays Around Me, The Chance Is Gone, The One You Wanted) fréquemment enveloppés d’un tapis de cordes habilement dirigées. Bénéficiant d’un enregistrement artisanal aussi ample et riche que The Newton Plum de Bed, dont il partage manifestement quelques maniaqueries en matière de prise de son, les onze titres de Hollow, construits autour d’une guitare acoustique et d’une batterie économe, ne montrent à aucun moment de signes de faiblesse. Tout porte ainsi à croire que ce Beck-là devrait, dans les années à venir, transformer ce premier essai d’ores et déjà adopté et enfin relever la tête. Oh oui, Beck !
Renaud Paulik dans magic n°55 d'octobre 2001
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