Don Nino : On The Bright Scale (2004) (*** 2000's ***) posté le samedi 29 juillet 2006 07:40

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Genre  :  Rock alternatif France
Note :  ***


Intégralement écrit et enregistré dans son salon transformé pour l’occasion en pièce à musique, le second Lp de Don Nino offre une vision intimiste et colorée de l’univers foisonnant de ce musicien parisien. Composé d’anciens morceaux remaniés et d’heureux accidents transformés en chansons, On The Bright Scale n’a rien à envier à son inusable prédécesseur, Real Seasons Make Reasons. Seul aux commandes d’une batterie d’instruments essentiellement acoustiques (guitares, piano, orgue, melodica, percussions, kalimba, etc.), l’ancien chanteur de Prohibition s’est lancé dans une quête musicale au long cours, collectionnant les arrangements et sonorités les plus adaptées à ses instantanés sonores. Simplement magique, le résultat confirme si besoin était tout le talent de Don Nino, dont on ne peut que regretter la relative confidentialité. Adepte avoué de Nick Drake, Caetano Veloso et Syd Barrett (dont il reprend le Dominoes sur un disque de reprises à venir intitulé Mentors Menteurs I), l’auteur de l’irrésistible Goutte D’Or Experience chante comme un Arto Lindsay qui aurait mué ses influences tropicales en un folk urbain. Ou, pour en finir avec les analogies, On The Bright Scale évoque une version haute-fidélité des premiers albums du génial Smog ou l’inusable When de Vincent Gallo. Fondée sur des boucles rythmiques savantes, des arpèges de guitare délicats et une poignée de notes de piano digne de Sylvain Chauveau — avec qui Don Nino partage plus d’une accointance musicale —, chacune de ses chansons possède une architecture soignée, minutieuse. Manifestement transformé par sa paternité (on le serait à moins), Don Nino a pris le temps — entre deux enregistrements de NLF3 Trio et son court-métrage La Fenêtre —, d’enregistrer son disque le plus attachant et le plus radieux à ce jour. 

Renaud Paulik dans magic, n°84 d'octobre 2004
© 2004 magic. Tous droits réservés.

Musicien attachant et passionnant, Nicolas Laureau est à la tête du projet Don Nino depuis 2001, année durant laquelle on a découvert un véritable petit univers merveilleux grâce au magnifique album Real Seasons Make Reasons.
Déjà très marqué par des influences aussi riches que diverses, Don Nino réussissait avec ce disque le pari d’offrir un album frais et neuf qui, depuis, a fait date dans nos cœurs. Aujourd’hui, selon le même principe et avec toujours autant de bonheur, il revient avec On The Bright Scale, un second album subtil et lumineux, composé de 12 titres à la douceur infinie, qui ne demande qu’à se faire entendre.
Enregistré en quelques semaines dans son grand salon, l’album dégage, dès les premières écoutes, des saveurs boisées et chaudes grâce, notamment, à une instrumentation très riche : guitare acoustique, kalimba, piano jouet, mélodica, glockenspiels et autres sonorités électroniques. Très mélancolique, cet ensemble de folk-songs aux accents parfois bossa rapproche ce parisien des quelques grands songwriters américains modernes qui ont su donné leurs lettres de noblesse au folk urbain tel qu’on le joue chez Smog ou Jim O’Rourke.
Disque inusable, On The Bright Scale découvre à chaque écoute de nouvelles sonorités, des arrangements aussi malins que délicats dans lesquels les boucles s’épanouissent aux côtés des guitares et du piano, dans une simple et parfaite harmonie. Porté par la voix délicate de Nicolas Laureau, les chansons de Don Nino révèlent un disque superbe qui se situe dans la parfaite continuité de son prédécesseur. Un grand disque à ne surtout pas laisser filer.

Benoît Richard sur www.Benzinemag.net
© 2004 Benzine. Tous droits réservés.

Un français iconoclaste ouvre des portes vers des contrées inexplorées, mélangeant jazz, folk, post-rock et pop toujours avec un sens esthétique rigoureux.
Malgré un succès confiné, Nicolas Laureau, plus connu sous l’appellation Don Nino, n’est pas un petit nouveau, et se distingue même comme l’un des activistes les plus intéressants et aventureux du microcosme indépendant français.
Dès 1989, le parisien se distingue en tant que guitariste/chanteur avec les fougueux rocker de Prohibition, puis lorsque le groupe jette l’éponge, il fonde l’élégant label Prohibited Records (Herman Dune, Mendelson...). Patron de label, Nicolas Laureau ne reste pas moins inactif artistiquement, menant sa barque avec deux projets passionnants et pour le moins aventureux, NLF3 (trio) et son jardin secret Don Nino. Voilà trois ans, son premier album solo Real Seasons Make Reasons s’était révélé une bien belle réussite, parvenant à brasser avec modernité rock lo-fi à des incursions Bossa, jazz, ou electro.
Enregistré à la maison, On The Bright Scale est un disque à la fois intime et chaleureux. Intime car les douze compositions offertes suivent le cheminement d’un musicien qui n’en fait qu’à sa tête, brouillant inlassablement les pistes. Enfin chaleureuse car cette musique a beau être aventureuse, elle reste toujours hospitalière, à l’instar des crépitements autour d’“ A Thousand Lights”, une des sublimes ballade folk de ce disque, un signe qui nous indique qu’on a frappé à la bonne porte.
Première impression, cette notion de silence, assez cinématique avec des progressions pour le moins troublantes, qui bousculent le carcan rock. On pense beaucoup à Laughing Stock, champs d’adieu de Talk Talk et œuvre séminale qui a enfanté bon nombre de musiques passionnantes (Jim O’Rourke, Tortoise, et un bon quart de la production post rock).
Tout comme Laughing Stock, On The Bright Scale brise les tabous, usant des instruments acoustique à sa portée pour le moins iconoclaste : Melodica, toy piano, Glockenspiel, Kalimba, percussions... Autour de certaines plages, on ne peut plus vraiment d’ailleurs mentionner le terme de chansons, tant parfois les constructions éclatées laissent apparaître une volonté esthétique qui pousse davantage vers le Jazz, des sonorités latines, tribales africaines ou Krautrock. chez Don Nino, toutes ces influences prennent place autour de son héritage rock, mais le musicien parvient à s’écarter des schémas faciles et usuels, pour en tirer une matière vierge.
Le français ne délaisse pas pour autant l’aspect mélodique mais aime visible tordre ses progressions d’accord de piano comme sur Seasons Seeds Seas, où laisser s’émanciper un piano rêveur autour d’un thème répétitif, ou tantôt virer épique sur “Eli Said” lorsqu’un piano voluptueux occupe l’espace. Plus loin l’humeur se fait schizophrène sur le bancal “Always Like That”...
Nous avons donc affaire à une palette de couleurs assez imposante, souvent très belle, ou qui peut par moment laisse perplexe. Mais là est certainement le but, provoquer des réactions chez l’auditeur, faire goûter de nouvelles saveurs. A ce moment-là, le pari est gagné. Une richesse de son dont on n’a pas fini de faire le tour.

Paul Ramone sur 
Pinkushion le 22 novembre 2004
© 2004 Pinkushion. Tous droits réservés.

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