LOVE (*** BIOS ***) posté le mardi 15 août 2006 06:20

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LOVE
  Groupe de rock, pop et blues-rock psychédélique américain, 1965-1970 :
Arthur Lee [Arthur Taylor Porter] (chanteur, guitariste, organiste et multi-instrumentiste), né le 07-03-1945 à Memphis, Tennessee ; mort le 03-08-2006 ; Bryan MacLean (guitariste et chanteur), né en 1947 à Los Angeles, Californie, mort le 25-12-1998 à Los Angeles ; John Echols (guitariste soliste), né en 1945 à Memphis ; Kenny Forssi (bassiste), né en 1943 à Cleveland, Ohio, mort en janvier 1998
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Présenté comme le chaînon manquant entre les Byrds et les Doors, ce groupe de Los Angeles et son leader Arthur Lee ont contribué à inventer, dans les années 1966-1967, la forme canonique du rock psychédélique californien en mêlant folk, blues-rock, musique classique et jazz. L’album Forever Changes (1967) a servi d’inspiration à tout un pan du rock psychédélique anglais, de Pink Floyd à Traffic.

Arthur Lee naît à Memphis d’un père noir, musicien, vite parti, et d’une mère blanche, institutrice. Remariée, celle-ci se fixe à Los Angeles à la fin des années 40, quand l’enfant est âgé de cinq ans. Très jeune, il est marqué par le son des fanfares, puis par la musique d’église. Il apprend l’accordéon, puis l’orgue, cherchant à façonner son jeu sur celui des jazzmen Jimmy Smith et Jimmy McGriff, virtuoses de l’orgue Hammond. Mais il ressent un grand choc en allant voir chanter James Brown et Little Richard. Il se joint comme organiste à diverses formations locales dès 1962. Inspiré par Booker T. & The MG’s, formation de sa ville natale, il crée, sur le même modèle, Arthur Lee & The LAG’s (pour Los Angeles Group), qui enregistre en 1963 un simple, « Ninth Wave ». chez Capitol. Il abandonnera pourtant vite cet instrument. « Je ne voyais alors personne se faire un nom en jouant de l’orgue », expliquera-t-il au NME en 1981. Sous l’influence des Beatles et des Rolling Stones (il est particulièrement impressionné par Mick Jagger, dont il dit avoir appris « ce truc de ne pas sourire sur scène »), il se met à composer des chansons à la guitare. Associé au guitariste John Echols, lui aussi un métis originaire de Memphis, il crée en 1964 les Grass Roots avec le bassiste John Fleckenstein et le batteur Don Conka. Le groupe démarre lors de tremplins locaux et trouve quelques engagements dans de petits clubs du Sunset Strip à Hollywood. Le succès d’un autre groupe de folk-rock local, portant le même nom, oblige Lee à rebaptiser sa formation.

Sensible aux ondes hippies qui commencent alors tout juste à se propager sur la Côte Ouest, Arthur Lee choisit pour nom Love. La formation se stabilise avec l’intégration d’un autre guitariste et chanteur, Bryan MacLean (formé au folk et à la guitare sèche), qui s’occupe alors de l’intendance des concerts des Byrds ; Fleckenstein est remplacé par le bassiste Kenny Forssi (issu des Surfaris) et le batteur Conka, accroché à l’héroïne, par Alban «Snoopy» Pfisterer. Love profite du départ des Byrds à l’étranger, en été 1965, pour devenir le groupe maison au Ciro’s, puis au Bido Lito’s sur Sunset Strip. Début 1966, Jac Holzman, le fondateur des disques Elektra, échaudé d’avoir laissé partir les Byrds chez Columbia, vient voir le groupe et lui signe aussitôt un contrat.

Love est, à tout point de vue, en avance sur son temps. Le groupe vit en communauté dans un vaste manoir à Los Felix (la demeure a appartenu à l’acteur Béla Lugosi, célèbre Dracula du cinéma, qui y a fait construire un incinérateur devant les ruines duquel le groupe posera sur les pochettes de ses deux premiers albums). Acteurs et musiciens du moment viennent le voir jouer : tout en travaillant avec une discipline de forcenés, les musiciens restent ouverts à toutes les expériences, de préférence les plus délirantes, dont particulièrement, bien sûr, les hallucinogènes. Love est alors le premier groupe issu de la drug culture de Los Angeles, parallèlement au Grateful Dead et Jefferson Airplane à San Francisco. Les Doors sont encore des inconnus : c’est d’ailleurs Lee qui les fera découvrir à Holzman. Bien avant Jimi Hendrix (sur lequel il fera plus tard une fixation), Lee est le premier Noir de l’histoire du rock — Little Richard excepté — à arborer une apparence excentrique : cheveux défrisés, chemises à jabot, costumes à rayures et petites lunettes noires. Love connaît des débuts fulgurants : un premier album, Love (1966), est enregistré et publié en mars, en même temps que le simple « My Little Red Book », reprise d’un titre de Bacharach et David interprété par Manfred Mann pour la comédie What’s New Pussycat ? (1966). Fusionnant, comme le feront les Doors, des arpèges de guitare sèche (souvent aux réminiscences hispaniques) à un rhythm’n’blues sauvage (le groupe reprend le fameux « Hey Joe » popularisé par les Leaves, plus tard par Hendrix), Love pousse un cran plus loin le folk-rock des Byrds. La voix claire d’Arthur Lee, dont le doux vibrato est capable d’exploser dans des spasmes à la James Brown, cohabite avec celle de Bryan MacLean, plus pure et éthérée, qui rappelle quelque peu celle de Sal Valentino, le chanteur des remarquables Beau Brummels de San Francisco. Si les paroles de morceaux comme « Colored Balls Falling » ou « Mushroom Clouds » sont sans doute inspirées par des expériences psychédéliques, le ton de Love oscille déjà entre douceur et acidité, voire dureté. La ballade « Signed D.C. », évoquant la consommation d’héroïne de son ancien batteur et ami Don Conka, témoigne du réalisme amer d’Arthur Lee, peu répandu en ces temps.

Toute la singularité du groupe tient dans l’aptitude de Lee à donner une expression musicale à l’instabilité émotionnelle (Pete Townshend et les Who en sont un autre exemple). Album et simple connaissent un bon succès, confirmé par un nouveau 45 tours, « 7 And 7 Is », une des compositions les plus fébriles et électriques de Lee, qui connaît un réel succès commercial (n° 33, 1966). L’album suivant, Da Capo (1967), qui paraît au début de l’année suivante, apporte plusieurs innovations : un nouveau musicien, le saxophoniste et flûtiste Tjay Cantrelli, fait son entrée, et «Snoopy» Pfisterer passe de la batterie aux claviers, remplacé à ce premier poste par Michael Stuart. La musique de Love acquiert de nouvelles couleurs, en particulier celles du jazz, qui nuancent de teintes inattendues le rhythm’n’blues explosif de « Stephanie Knows Who ». « Orange Skies », de Bryan MacLean, a une couleur de jazz latin, presque brésilien. Clavecin et flûte traversière jaillissent parfois comme d’une brume enchantée, et des arpèges continus de guitare sèche viennent créer une ambiance mélancolique de fête qui s’éloigne, comme dans « The Castle » ou le magnifique « She Comes In Colors ». Pour la seconde face du disque, enfin, Love apporte une innovation qui fera date : « Revelation » est un blues de dix-huit minutes, où chaque musicien y va de son solo. Inspiré, sans doute, du « Goin’ Home » des Roiling Stones dans Aftermath (1966), qui ne faisait que onze minutes trente-cinq, ce morceau suscitera les vocations de nombreux interprètes de musique progressive, Pink Floyd en tête, et aboutira à des monstruosités du type « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly. A part « 7 And 7 Is », aucun des simples tirés de l’album ne rencontre de succès.

1967 est l’année de Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Cet album, qui constitue, en quelque sorte, la réponse des Beatles au rock psychédélique américain, stimule en retour les groupes de la Côte Ouest. Brian Wilson, le compositeur des Beach Boys, tentera vainement d’y répondre en préparant un disque mort-né, Smile. En été 1967, Arthur Lee et son groupe entrent en studio avec une ambition immense. Cantrelli et Pfisterer sont partis, seul persiste le noyau dur avec Lee, MacLean, Echols et Forssi, plus Stuart. Les séances se déroulent dans la confusion. Les musiciens, sans doute trop drogués, se révèlent souvent incapables de jouer. Exaspéré, le producteur Bruce Botnick engage d’autres instrumentistes, puis tout finit par s’arranger. Rien n’arrête Arthur Lee : visualisant sa musique comme un rêve, il suit toutes ses inspirations. Souhaitant des arrangements de cordes et de cuivres, il recrute, prétendument sur ses propres deniers, l’orchestre symphonique de Los Angeles et son chef, l’arrangeur David Angel. Le résultat, Forever Changes (1967), qui sort à l’automne, reste comme un des disques les plus novateurs et captivants de l’histoire du rock. A commencer par « Alone Again Or », un titre composé par MacLean, toutes les chansons du disque, comme les ballades « Andmoreagain » ou « Old Man », baignées d’un mysticisme candide, ou « A House is Not A Motel » et « The Red Telephone », marqués par le style inquiet et versatile de Lee (parfois étonnamment proche du Pete Townshend baroque), sont un concentré de mélodie, de tension, d’harmonie et de mystère : tout le rock psychédélique anglais, de Pink Floyd à Traffic en passant par Family et le premier David Bowie, viendra y puiser. Comme transcendé, Lee semble capter un message mystique que les musiciens, avec tout le travail d’harmonies vocales et d’arrangements dont ils sont capables, essaient de traduire dans un sentiment d’urgence passionnée. Cette effervescence panique vient aussi du fait que Lee est alors persuadé de sa mort prochaine. Le succès artistique du disque est immense et ne cessera jamais de retentir dans les décennies suivantes. Pourtant, Love ne percera jamais et sera vite condamné à s’éteindre.

Les raisons en sont simples. D’abord, Love refuse de quitter la Californie et de partir en tournée. Le groupe poursuit le même style de vie qu’aux débuts de l’ère psychédélique. La consommation de LSD, cocaïne et héroïne provoque les effets habituels : paranoïa et auto-destruction. Le groupe se désintègre. Un dernier simple, « Your Mind And We Belong Together », paraît au printemps 1968, seul reste d’un quatrième album abandonné (dont des extraits réémergeront en 1980 dans le Best Of Love paru chez Rhino). Victime d’une overdose à laquelle il échappe miraculeusement, Bryan MacLean est le premier à quitter le navire. Il se fera ensuite religieux et étudiera dans les années 70 la musique classique, aidant plus tard à la carrière de sa demi-soeur Maria McKee. Tragiques victimes de l’acide, Echols et Forssi organiseront des attaques à main armée (dans des boutiques de beignets) et purgeront chacun des peines au pénitencier de San Quentin.

En été 1968, Arthur Lee réorganisera un nouveau Love avec des musiciens connus depuis l’adolescence, le bassiste Frank Fayad et le batteur George Suranovitch. Un nouveau guitariste, Jay Donnellan, complète la formation, qui enregistre sporadiquement pendant une année. Four Sail (l969) voit enfin le jour l’été suivant, mais, malgré des moments brillants, on est loin de l’éclat des débuts. Un double album, Out Here (1970), qui paraît chez le nouveau label Blue Thumb, assemble d’autres titres issus des mêmes séances. Lee, qui avait autrefois précédé son temps, se contente cette fois de le suivre et s’oriente vers un blues-rock sans grand caractère. A Londres, où il se rend pour la première fois de sa vie, il enregistre en 1970 un disque instrumental avec Jimi Hendrix. Cette collaboration l’obsédera, au point qu’il se prendra, un temps, pour Hendrix réincarné (juste retour des choses puisque, dans la tête de Lee, Hendrix lui avait volé son style vestimentaire). Un titre issu de ces séances, « The Everlasting First », apparaîtra dans False Start (1970), un album où Donnellan cède la place au guitariste Gary Rowles. Avec la participation du guitariste Noony Ricket, complice des débuts de Lee, ce dernier album se perd dans l’indifférence de la critique comme du public. En 1971, Love est bien mort.

La carrière post-Love d’Arthur Lee n’offre d’intérêt que pour les dévôts, malgré la présence de quelques éclairs. Après un album solo, Vindicator (1972), chez A & M, où il est accompagné par un groupe de blues-rock, Band Aid, où figurent d’anciens accompagnateurs de Buddy Miles, Lee enregistre un autre album qui ne verra jamais le jour. Il réutilise l’étiquette Love en 1974 pour un mauvais album (aux dires des connaisseurs) enregistré pour RSO avec des musiciens noirs de soul, Reel To Reel (1974). Disparu corps et biens, Lee réapparaît en 1977 avec un E.-P. autoproduit, comprenant « I Do Wonder » et « Just Us ». Il retrouve en 1978 Bryan MacLean, avec qui il joue au sein d’un Love complété par de nouveaux musiciens, dont le batteur Suranovitch. Un disque live, de piètre qualité, est enregistré au Whisky A-Go-Go de Los Angeles et diffusé en 1982 par Rhino. Un album solo d’Arthur Lee (sans titre), partiellement inédit, sort chez Rhino en 1981 : il y est accompagné par les mêmes musiciens que pour Reel To Reel, dont le guitariste soliste Melvin Whittington et le guitariste slide John Sterling. Il y reprend « 7 And 7 Is » et rassemble des enregistrements dispersés. Arthur Lee passe les années 80 en reclus, devenant sérieusement alcoolique. Il réémerge à la fin de la décennie et donne des concerts, toujours sous le nom de Love. En 1990, il a chanté pour un disque de charité avec Little Richard et MC Hammer. En 1991, Love comprenait Lee, le guitariste Whittington, le batteur des origines Don Conka, le bassiste Sherwood Akuna et le guitariste de blues Shuggie Otis. Lee a aussi joué avec d’anciens membres de The Knack, comme Bruce Gary et Burton Averre. En 1994, Lee semblait actif, accompagné à New York par le groupe Das Damen. Pourtant, en 1996, des nouvelles désolantes sont parvenues. Après avoir été arrêté plusieurs fois pour violences envers sa femme, il a été emprisonné pour avoir tiré des coups de feu en l’air à la suite d’une plainte pour tapage. Récidiviste, il a été condamné à une peine de prison. Il serait de plus atteint de la maladie de Parkinson. En 1997, le label Sundazed a publié IfYouBelieveIn, un recueil de maquettes enregistrées par Bryan MacLean dans les années 60, tristement disparu fin 1998.

Michka Assayas dans Le Dictionnaire du Rock
(Collection Bouquins, Editions Robert Laffont © , 2000)

03-08-2006 > DISPARITION D'ARTHUR LEE

Hommage magic
Dans l’après-midi du 3 août, dans une clinique de la côte Ouest des États-Unis, Arthur Lee s’est éteint des suites de la leucémie dont il souffrait depuis plusieurs mois. Pour beaucoup, il restera à jamais comme le cerveau génial caché derrière le chef d’œuvre absolu qu’est Forever Changes, paru à l’automne 1967, alors que le Summer Of Love californien est déjà sur le déclin. Dans ce disque baroque et unique, Lee et ses acolytes (le regretté Bryan McLean en tête) avaient imaginé une musique atemporelle, croisement de la pop classieuse chère à Burt Bacharach et d’un psychédélisme stylé, le tout saupoudré d’accents mariachis et de violons célestes. Ce troisième album de la première formation “électrique” à avoir été signé par le prestigieux label Elektra aurait dû être celui de la consécration. Il sera celui de l’implosion. Entre luttes d’ego et crises de paranoïa, le groupe se désintègre peu après l’enregistrement, laissant Lee comme seul soupirant de Love. Alors, l’homme entame un parcours erratique, change de musiciens au gré de ses lubies, bâcle des disques, qui recèlent pourtant à chaque fois quelques trésors enfouis. À l’orée des années 90, il est extirpé de sa semi-retraite par le label français New Rose et signe sous la bannière Arthur Lee & Love un album dont le délicat Five String Serenade – repris plus tard par Mazzy Star – est le point d’orgue. Il vient même tourner régulièrement en Europe, souvent accompagné sur scène par des musiciens qui lui doivent beaucoup (Shack, High Llamas…). Mais un nouveau coup du sort met à mal cette résurrection. En 1996, il est en effet emprisonné pour port d’arme illégal et n’est relaxé que cinq années plus tard. À sa sortie, entouré par le groupe Baby Lemonade, il reprend ses pérégrinations, se lançant même en 2003 dans une gigantesque tournée, où il joue, accompagné d’un orchestre, toutes les chansons de son album mythique, tournée immortalisée par la parution d’un disque et un Dvd, Forever Changes Live, enregistrés au Royal Albert Hall de Londres. Mais son caractère lunatique ne tarde pas à reprendre le dessus. À tel point que, quelques mois avant la découverte de sa maladie, il avait été… renvoyé par ses propres musiciens, auxquels s’étaient joint son ancien acolyte des 60’s, Johnny Echols. Aujourd’hui, ces derniers, et nombre de mélomanes du monde entier, doivent se sentir Alone Again….

publié sur magicrpm.com le 04/08/2006

Hommage Télérama : Arthur Lee forever
Sale temps pour le psychédélique. Après l’astre cramé du Pink Floyd Syd Barrett, c’est l’icône noire de l’acid rock californien qui disparaît. Arthur Lee, leader allumé du lumineux Love, est mort d’une leucémie, à 61 ans, le 3 août dernier. Lui qui semblait requinqué par ses cinq ans et demi de prison pour coups de feu tirés dans un état second a rejoint pour de bon les autres grands disparus de la West Coast, Randy California (Spirit), Skip Spence (Moby Grape) et Bryan McLean. Ce dernier était l’ange blond de Love, frêle co-compositeur au doux caractère, parfaitement complémentaire du flamboyant et dictatorial Lee. C’est ensemble qu’ils conçurent les trois enregistrements du groupe, entre 1966 et 1967. Le troisième, Forever Changes, a acquis, avec le temps, un statut mérité de chef-d’œuvre d’un psychédélisme poignant et sophistiqué. Équilibre de mélodies aériennes, de sublimes orchestrations de cordes et de vertigineux mais limpides breaks ou envolées de guitare (Lee ne suscitait pas l’admiration de Hendrix pour rien), Forever Changes est un disque radieux d’une radicale noirceur. Le tourmenté Lee avait beau se proclamer le premier hippie noir, il chantait plus volontiers la mort et le désespoir que l’amour et les fleurs dans les cheveux. Il a enregistré de nombreux disques par la suite, avec ou sans Love, mais n’est jamais parvenu à renouer avec la grâce de cet album phare. Un disque qu’il jouait encore intégralement sur scène, accompagné de jeunes musiciens respectueux, pour la joie d’une nouvelle génération d’admirateurs. Mégalo et le cerveau souvent embrumé, Lee n’a jamais gravé les dizaines de chansons «aussi bonnes que les anciennes» qu’il prétendait avoir en tête. Signed D.C., A House is Not a Motel, Bummer in the Summer et tant d’autres n’ont pas fini de tourner dans les nôtres.

Hugo Cassavetti
dans Télérama n°2953 du 16/08/2006
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