Bob Marley & the Wailers : Babylon By Bus (1978) (*** REGGAE ***) posté le jeudi 18 mai 2006 18:20

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Genre  :  Reggae Jamaica
Note :  ***


Un concert de Marley et des Wailers est toujours quelque chose comme un moment privilégié, un îlot de bien-être qui vous isole de toute attache, de tout contexte habituel. Quelque chose comme une fête sans suite ni précédent, un jeu sans règle, sans espace-temps défini. Un concert de Marley n’est pas meilleur ni moins bon que celui de n’importe qui, simplement c’est autre chose. Et peu importe aussi si celui de l’année X était moins bon que celui de l’année Y, c’est l’atmosphère qui compte, cette magie insensée qui vous prend le ventre et je ne sais quoi encore pour vous faire sauter et danser et hurler. En ce sens, ce double album, au même titre que le Live réalisé au Lyceum, est parfait, non pas tant pour sa qualité mais avant tout parce qu’il reflète exactement ce que signifient les Wailers sur scène, un groupe bourré de chaleur et farci de lumière avec des morceaux clés, des hymnes en forme de catapultes, des mélodies complètement ancrées dans la mémoire, Jah Ras-Tafari. Parce que sur ces quatre faces, enregistrées à Paris et Copenhague, il n’y a pas un seul des treize morceaux qui ne soit la source d’un plaisir renouvelé, yeah mon ! Alors, bien sûr, les guitares ne sont pas toujours celles qu’on aimerait entendre, parfois un peu faciles, je veux dire il y a des solos qui paraissent avoit été joués des milliers de fois par des centaines de musiciens. Et alors, qu’est-ce que ça prouve sinon que la musique de Marley dépasse les notions de comparaison élémentaire ?
La musique de Marley est un rituel de délices et de satisfactions sur lequel même les erreurs n’ont pas de prise. Et lorsque cette foutue fourmilière rythmique démarre, le reste peut bien prendre n’importe quelle forme, le truc est enclenché jusqu’à extinction des feux, ya see wh’I mean ? Ça peut bien cafouiller sur «Is This Love» ou «Stir It Up» ou un autre d’ailleurs, le morceau tient parce que la source d’énergie n’est jamais coupée, et le son peut bien se barrer en couille de temps en temps, la couleur est toujours présente, la sueur qui coule passe encore au travers du disque. Il y a une version fantastique d’«Exodus» qui électrifie superbement avec ses pulsions saccadées et ses breaks visqueux. Il faut entendre comment Marley arrache et précipite les mots sur «Lively Up Yourself», comment il décortique Piccadilly Circus sur «Kinky Reggae» ou comment il râcle «Jamming» avec les I-Threes qui répondent joliment. De toute façon, vous pouvez tous les prendre de «Punky Reggae Party» à «Concrete Jungle» en passant par «War/No More Trouble», vous pouvez pas vous tromper. «Babylon By Bus», Marley sur la route, garanti comme si vous y étiez. Oua’ mo’ toune, Bab !  

Bill Schmock dans BEST n°125 de décembre 1978
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