Lloyd Cole & the Commotions : Mainstream (1987) (*** OLDIES ***) posté le samedi 20 mai 2006 14:42

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Genre  :  Pop Rock UK
Note :  **


Même si Lloyd Cole est souvent d’humeur sombre (cela s’entend), il conserve un certain sens de l’humour. Il lui en a sans doute fallu pour intituler son troisième album «Mainstream», tant il s’inscrit à contre-courant de la production habituelle, en optant pour la discrétion, la pudeur et la retenue — un peu trop, peut-être. A force d’exigence, Cole et les Commotions ont eu du mal à accoucher, changeant plusieurs fois de producteur pour finalement retenir Ian Stanley, le clavier de Tears For Fears. Le résultat est évidemment immaculé (la moindre des choses, au bout de près d’un an d’enregistrement), mais ce qui est gagné en perfection semble se payer par une certaine froideur. Et si les compositions, prises une par une, dévoilent au fil des écoutes d’insidieuses beautés, leur succession a du mal à accrocher, faute de titres très forts — encore que «My Bag» fasse preuve d’une certaine vitalité, et que «Sean Penn Blues», à l’image de son modèle, ne manque pas de punch. Et il n’est pas interdit de se laisser séduire par le spleen de «29» ou bercer par le climat cotonneux de «Big Snake», et sa trompette liquide façon Jon Hassell. Au moins Lloyd Cole & The Commotions essaient de se renouveler, et ils y parviennent, avec un emploi discret des séquenceurs et des arrangements qui tendent vers le dépouillement, un peu à la façon des néo-précieux de 4AD. J’avoue pour ma part être plus intéressé que convaincu, et que «Mainstream» me laisse perplexe. Ce qui est peut-être le but recherché, après tout, par ce disque en demi-teintes.

Thierry Chatain dans Rock & Folk n°246 de novembre 1987
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Une manière de «Subterranean Homesick Blues» revisité Lloyd Reed («Sean Penn Blues»), une illustration longuette du syndrome «Burt Bacharach, nous voilà !» («Big Snake», quelques poussées d’excitation subite et incongrument déterminée ; les Commotions, bouleversés : Arrête, Lloyd, tu vas te faire du mal...) comme « Jennifer» ou «Mr Malcontent», et un maximum de ballades velvetiennes (dont «29» est sans doute la plus réussie) de circonstance, «Mainstream» est évidemment un «bon» disque d’émotions décalquées plus pavloviennes que jamais. Entre «Sally Can’t Dance» (pour la tentation disco) et «Coney Island Baby» (pour la pseudo-maturité), le joufflu y perpétue tranquillement ses maniérismes reediens civilisés, et ronronne à l’envie sur deux faces de pépères repiquages conformes et flemmards. Un peu le «Best Of Matois» tant il est vrai que si Cole fut jamais félin, c’est bien à la manière de ces gros chats opérés qui somnolent paisiblement, leur vie durant, sur un coin de sofa...
Mais, s’indignera-t-on, pourquoi Jesus and the Velvet Chain et pas Lou Cole ? Réponse facile : si les deux chaussent évidemment les mêmes pantoufles velvetiennes (des charentaises, à force), l’inconscience amoureusement sacrilège des premiers, leur naïveté parfois confondante séduit où la paresseuse rouerie dévidée du second agace. Aussi, dans un domaine ou l’on n’attend de nous que sympathie dorlotante et bienveillance d’usage — et surtout pas l’admiration bousculée que suscite le «réel talent» —, on nous excusera de réagir de façon encore plus subjective qu’à l’accoutumée, et de prétendre vouloir en écraser dans les bras d’autres nounours que le guère commotionnant Lloyd. 

Laurence Romance dans BEST n°232 de novembre 1987
© 1987 BEST. Tous droits réservés.

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