Genre : Rock
Alternatif USA
Note : ****
On pourrait, à tort, envisager Swell comme un groupe mineur : ni jeune loup enragé ni vieille carne forcément passionnante, c’est à peine si ce combo américain a un visage. Pourtant, Swell enregistre depuis des années parmi les disques les plus enthousiasmants de sa génération, ancrés dans une tradition pop à guitares abrasives dont The House Of Love et The Wedding Present détenaient jadis la formule. On se souvient, mieux, on écoute encore des ritournelles issues de Well, Too Many Days Without Thinking et For All The Beautiful People, le temps apportant à ces petits miracles de trois minutes une patine bienvenue. En un mot, Swell vieillit bien. Enregistré dans la cuisine et le garage de la maison du batteur et peintre Sean Kirkpatrick, ce septième opus allie à nouveau guitares en bois millésimé et riffs électriques carrés sur fond de rythmiques métronomiques, le tout saupoudré de quelques pincées d’électronique. La formule a fait ses preuves. Certes, on ne trouvera rien ici de vraiment novateur, le groupe de David Freel s’en tenant scrupuleusement à son cahier des charges, c’est-à-dire répéter sans faillir des suites d’accords (jamais plus de trois pour une même chanson) profondément ancrées dans l’inconscient collectif. A la façon d’artisans d’une autre époque, les deux musiciens, encore au rendez-vous de ce siècle de perdition audiovisuelle, délivrent une musique solide et sans fioriture, accessible mais jamais désuète. A redécouvir dans les plus brefs délais.
Renaud Paulik dans
magic, n°69 de mars 2003
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En 2003, la
Californie est sur toutes les lèvres mais surtout dans les
rêves. Prospection dans l’encéphale de David
Freel, chanteur et guitariste de Swell depuis près de treize
ans. Flagrant délit de contemplations nostalgiques : un
dimanche après-midi, dans les rues du quartier de Haight
Ashbury à San Francisco, Jack Kerouac et Harry Nilsson font
du pousse-pousse en portant des vestes orange. Dans la tête
de Sean Kirkpatrick, batteur et peintre revenu dans le groupe
après huit ans d’absence, c’est plein de
peintures à la gouache représentant les rues de Santa
Barbara.
Whenever You’re Ready, septième album de
Swell, marque les retrouvailles entre ces deux personnages rigolos,
le bassiste Monte Vallier ayant pour sa part
préféré quitter l’aventure. Le
résultat est épuré, proche, presque familier.
Si la musique du groupe en ressort allégée,
permettant parfois à la paire d’exceller dans la
discrétion (Everyday Comes Everynight), elle finit
hélas par perdre de sa grâce. On ne peut ainsi que
désapprouver le départ de Vallier, compère
franchement cool qui contribuait à faire de Swell les
élèves légitimes de Neil Young et les
meilleurs camarades de classe d’Elliott Smith. Malgré
California, Arizona ou Next to Nothing,
l’ensemble de Whenever You’re Ready montre un
duo inégal, titubant entre une jolie simplicité et
une banalité regrettable. Délestés de leurs
arrangements, les morceaux de Swell, autrefois majestueux, perdent
en profondeur et se contentent aujourd’hui d’être
sympathiques.
Johanna Seban dans Les inrockuptibles du 03 septembre 2003
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Swell a contribué à définir l'esthétique actuelle du rock alternatif américain avec l'aide de Grandaddy et de Lambchop, deux groupes qui revendiquent ouvertement son influence. Le quartet de San Francisco célèbre ses quatorze années d'existence avec un album toujours aussi éloigné des canons de la pop mainstream, mais si riche en chansons cool et en arrangements inventifs qu'il mérite amplement de devenir celui qui les introniserait pour de bon dans les sphères pop-rock grand public. Les chansons du leader David Freel restent très excentriques, ponctuées d'étranges suites d'accords et de tempos encore plus bizarres, mais, sur ce CD, lui et ses compères parviennent à maximaliser le potentiel accrocheur de chaque titre en le truffant de guitares distordues enveloppant un tapis du même instrument en version acoustique. Certes, Freel laisse à désirer en tant que chanteur - sa voix dormante exerce un effet assez soporifique sur l'auditeur - mais ses singulières compositions (telles que le rêveur In The Morning façon Lennon et l'aérien Sunny, Sun, Son), tout comme la maîtrise et l'ingéniosité actuelle de son groupe en studio, attestent que Whenever You're Ready s'apparente sans doute au meilleur et plus cohérent Swell à ce jour. Recommandé.
Nick Kent dans Libération du
vendredi 12 septembre 2003
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