THE STONE ROSES (*** BIOS ***) posté le mardi 15 août 2006 05:56

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THE STONE ROSES
groupe de pop-rock britannique
, 1985-1996 :
Ian Brown (chanteur), né le 20-02-1963 à Ancoats, Angleterre ; John Squire (guitariste), né le 24-11-1962 à Broadheath, Angleterre ; Gary «Mani» Mounfield (bassiste), né le 16-11-1962 à Crumpsall, Angleterre ; Reni [Alan Wren] (batteur), né le 10-04-1964 à Manchester, Angleterre.

Cette formation de Manchester a joué un rôle historique à la fin des années 80 en traduisant au sein d’un groupe de rock les sons répétitifs et hypnotisants de la house. Il y a lié des réminiscences de folk-rock psychédélique de la fin des années 60, ouvrant largement la voie à Oasis.

Habitant dans le même quartier ouvrier de Cholton, à Manchester, Ian Brown et John Squire sont des amis d’enfance. Leurs parents leur font écouter très jeunes les Beatles et les Rolling Stones. Ils sortent dans des boîtes où, comme dans tout le nord de l’Angleterre, est diffusée ce qu’on appelle la Northern Soul, puis découvrent ensemble les Sex Pistols, The Clash et le reggae. Après l’école, qu’il quitte à seize ans, Brown végète, travaillant sur des chantiers, lavant des caravanes ou faisant le plongeur, inscrit la plupart du temps au chômage. Il apprend alors à boxer, et voyage en auto-stop à travers l’Europe. John Squire, de son côté, est encouragé par sa famille à apprendre la musique. Lui aussi chômeur, il a été un temps employé comme assistant décorateur sur un plateau de télévision. Il dessine et peint à ses moments perdus. Grand admirateur de Jimi Hendrix, il apprend la guitare. Brown, dc son côté, apprécie les voix de Marvin Gaye et de Winston Rodney (Burning Spear). Tous les deux partagent déjà un goût pour le rock psychédélique américain et le funk. Le nom des Stone Roses vient d’un obscur roman policier des années 50 (selon une autre version, cependant, il viendrait de la contraction d’une de leurs premières appellations, English Rose, d’après une chanson de The Jam, avec le nom des Rolling Stones). Initialement réunis en 1984, avec, déjà, Alan Wren (dit Reni), à la batterie, le bassiste Peter Garner, et un autre guitariste, Andy [Andrew] Couzens (né le 15-06-1965 à Macclesfield, Angleterre), les musiciens, inexpérimentés et incertains de leur orientation, entrent en studio en 1985 avec le producteur de Joy Division Martin Hannett. Ils y enregistrent la valeur d’un album abandonné en cours de route. Il n’en ressort qu’un maxi-45 tours, le très approximatif «So Young», publié par le label local Thin Line et vite renié par ses auteurs (l’album en question, qui comprend des versions primitives d’«I Wanna Be Adored» et de «This Is The One», sera réédité en 1996 sous le titre Garage FIower. Andy Couzens part alors former The High. L’année suivante, Garner est remplacé par le bassiste Gary «Mani» Mounfield : la formation, dès lors, ne changera plus.

Les véritables débuts des Stone Roses sont liés à leur rencontre avec Gareth Evans, le propriétaire de la boîte de nuit The International, rivale de la Hacienda de Tony Wilson. Ce personnage haut en couleur, qui se promène fréquemment avec une valise remplie de coupures de toutes les monnaies européennes, en cas d’imprévu, est sûr d’avoir trouvé le groupe avec lequel il va conquérir le monde. Les quatre musiciens sont alors influencés par les débuts de Primal Scream, le groupe de l’Ecossais Bobby Gillespie, très marqué par la pop-rock psychédélique. En 1987, les Stone Roses publient un deuxième maxi, «Sally Cinnamon», où leur son carillonnant commence à prendre forme. En 1988, ils signent avec Silvertone, un label indépendant à la diffusion nationale, créé par Andrew Lauder, l’homme qui avait découvert les Stranglers pour United Artists. Peter Hook, le bassiste de New Order, produit un 45 tours, «Elephant Stone», leur première grande réussite. Début 1989, le 45 tours («Made Of Stone» est largement diffusé dans le circuit indépendant. Durant cette période le mouvement de l’acid house et des rave parties s’est largement étendu à Manchester, entraînant une vague d’optimisme qui tranche avec le repli sur soi et la froideur des années 80. Une nouvelle drogue qui fait fondre les inhibitions, l’ecstasy, fait son apparition. Les Stone Roses sont portés par ce mouvement qu’ils sont naturellement amenés à incarner, le transcrivant à leur façon dans leur musique.

L’album The Stone Roses, publié en mai 1989, crée un impact très profond et sera bientôt célébré comme le début d’une nouvelle ère. A première vue, il s’agit d’un disque de rock inspiré par la pop-folk psychédélique, quelque part entre le Pink Floyd de More et les Byrds. Il est, d’ailleurs, remarquablement réalisé par John Leekie. Plus profondément, il transmet un courant qui n’est pas exactement celui du rock, mais plutôt celui d’une musique berçante, légère et rêveuse, dont le sens passe à l’arrière-plan : comme aux temps du psychédélisme, les chansons étirées des Stone Roses servent de musique de fond à une vision inspirée et lumineuse. Le très beau «I Wanna Be Adored» donne un parfum inimitable à l’ensemble, où «She Bangs The Drums», «This Is The One» et «I Am The Resurrection» vibrent du même charme dévitalisé, dans une sorte de transe euphorique et légère. Primal Seream poursuivra ce courant. La douceur de la musique est soulignée par les éclaboussures joyeuses que John Squire a réalisées sur la pochette, à la manière d’un faux Pollock. Séduit comme bien d’autres, Mick Jagger propose aux Stone Roses d’accompagner les Rolling Stones en tournée aux États-Unis. Sûr que rien ne va lui résister, le groupe préfère organiser sa propre tournée en tête d’affiche en Europe et au Japon.

La gloire des Stone Roses sera pourtant très éphémère. Après la parution d’un nouveau simple, «Fools Gold» (pour la version maxi, longue de dix minutes, la fusion avec les rythmes de la house est à son maximum), le groupe doit apparaître comme le point culminant d’une immense rave organisée en mars 1990 dans l’île de Spike, dans l’estuaire de la Mersey, près de Liverpool, où plusieurs DJ sont là pour faire danser trente mille personnes. L’assistance, pourtant, reste passive, comme pour un concert de rock traditionnel, et les Stone Roses font pâle impression. En été 1990, le maxi «One Love», marqué par un long solo de guitare de John Squire, qui se classe au n°4, rompt encore un peu plus le charme. Plus grave : ce morceau restera le seul enregistrement inédit du groupe pour une période de cinq ans, durant laquelle les musiciens dilapideront leurs gains en consommation de drogues et ne feront presque rien. Désireux de quitter Silvertone, qui publie sans leur permission leurs premiers enregistrements, ainsi qu’une bande vidéo d’un concert (furieux, les musiciens iront saccager les locaux de leur compagnie), les Stone Roses signent en 1992, après un procès tumultueux, avec l’Américain Geffen pour plusieurs millions de dollars. Finalement, après plus d’une année passée au studio de Rockfield (pays de Galles), les Stone Roses publient un album que plus personne n’espérait, Second Coming (1994). Le simple «Love Spreads», influencé par les riffs de guitare de Led Zeppelin, se classe au n°1. Mais la grâce semble perdue. Certains titres («Tears», «How Do You Sleep») témoignent pourtant d’un talent intact. Le départ du batteur, Reni, pilier de la formation, ne fait qu’ajouter au doute croissant qui pèse sur les musiciens ; il est remplacé au pied levé par Robbie Maddix. Le retour sur scène des Stone Roses, prévu pour le festival de Glastonbury, à l’été 1995, est annulé suite à la défection de John Squire, qui s’est cassé la clavicule. Accumulant les prestations médiocres, le groupe finit par se séparer en 1996. John Squire ira former les Seahorses, qui publient en 1997 un album resté unique, Do It Yourself dont certaines chansons comme «Blinded By The Sun» ou «I Want You To Know» ont confirmé un talent de composition rare. En 1998, Ian Brown a entamé une carrière solo avec la parution d’Unfinished Monkey Business, un album sans grand relief et aux compositions souvent inabouties. Ce disque a été suivi fin 1999 par Golden Greats — Revised.

Benoît Laudier & Michka Assayas dans Le Dictionnaire du Rock
(Collection Bouquins, Editions Robert Laffont © , 2000)

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