Genre : Rock alternatif UK
Note : ****
Depuis deux ans maintenant, on s’est pris de passion pour un label pas comme les autres : Vespertine abrite depuis Manchester de réels talents hors normes (Quigley, Gnac, Bitter Springs, Oneironaut...), beaucoup trop éduqués et romantiques pour oser se lancer dans la compétition médiatique. Dans la cour de récré de la pop anglaise, Vespertine ferait figure de gamin solitaire, ne partageant ses découvertes qu’avec une poignée d’amis sûrs. Par exemple les Montgolfier Brothers qui, dans le livret de leur premier album, remercient Pascal Comelade, Baden Powell et Durutti Column. Ce duo, composé de Roger Quigley et Mark Trammer de Gnac, évolue effectivement dans des sphères atmosphériques proches : un piano classique, une guitare sèche mais luxuriante et des ambiances électroniques contemporaines, le tout soutenu par une voix d’homme seul. C’est tout simplement magnifique, une sorte de pointillisme musical à l’envoûtement garanti. Dès Even If My Mind... et ses nappes orchestrales ciselées qui renvoie Perry Blake à ses chères études, en passant par la délicatesse de pièces comme Pro-Celebrity, jusqu’à l’inquiétant In Walks A Ghost, la mélodie lunaire de In Between Points (entre Morrissey et Arab Strap !) ou le très francophile La Chanson Du Crépuscule pour venger Michel Magne et Michel Legrand, ces Montgolfier Brothers ont ciselé un album de nostalgie pure et addictive. Avec de telles productions, Vespertine est bien parti pour devenir le Cherry Red de l’an 2000.
Hervé Crespy dans magic n°28 de mars 1999
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