Songs: Ohia, Les archives presse  posté le mercredi 10 mai 2006 21:30

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, Songs: Ohia,  Les archives presse
lien permanent

Magnolia Electric Co. : What Comes After The Blues (2005)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:54

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, Magnolia Electric Co. : What Comes After The Blues (2005)

Genre  :  Country Rock USA
Note :  ***


"Ce qui arrive après le blues" ? Joli titre ça, auquel on peut répondre : la dépression nerveuse ou le rock’n’roll, suivant ce qu’on entend par coup de blues. Parfois même le rock’n’roll et la dépression, comme chez Jason Molina, en vacances de sa maison-mère Songs: Ohia. Un groupe étrange, démarré comme caniche fidèle et respectueux des canons folk dépressifs établis par Will Oldham, pour peu à peu se transformer en chien sauvage, errant dans les bas-côtés d’un rock américain ébouriffé, plouc et salement électrique (de Creedence au Crazy Horse).
Poussé au vice par Steve Albini (Nirvana, PJ Harvey, Dionysos…) à la production, Molina abandonne, musicalement, toute revendication arty avec son nouveau groupe, pour jouer avec hargne et hébétude un rock des campagnes droguées, aussi rugueux et agité que ses paroles demeurent étrangement raffinées, belles et étranges comme une intégrale de Faulkner sur les étagères d’une caravane white-trash. En 2005, le vrai rock sudiste, paysan et littéraire, poète et hors-la-loi, avec moustache, ceinturon et tignasse, c’est Magnolia Electric Co : pas ces petites gonzesses manucurées de Kings of Leon.

 

Benjamin Montour dans Les inrockuptibles du 01 juin 2005
© 2005 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.



C’est à l’état de quasi-macchabée que l’on avait laissé Jason Molina, à l’issue du sépulcral The Pyramid Electric Co., album solo impressionnant de nudité, fortement déconseillé aux âmes sensibles. Ce fut probablement une étape nécessaire pour quitter l’enveloppe Songs: Ohia avant de se réincarner en Magnolia Electric Co., dont la profession de foi inaugurale et en public fut injustement décriée en ces pages. Trials & Errors comme ce What Comes After The Blues s’ouvrent par The Dark Don’t Hide It, quasiment le meilleur morceau de Neil Young depuis I Am The Ocean (Mirror Ball, 1995). On pourra reprocher à Jason Molina de sortir un disque un chouia mou du gland, pépère et prévisible. Mais on sait déjà qu’après son prochain concert parisien, en juin, on criera son génie absolu sur tous les toits pendant au moins trois semaines. Car Molina n’est pas le genre de type qui déçoit sans raison. Et au bout de quelques écoutes, la déception n’est que relative. On jugera l’homme sur pièce à l’aune d’une œuvre monochrome, mais plus riche qu’elle n’y paraît. Revenons donc à The Night Shift Lullaby, ritournelle illuminée par la voix de Jennie Benford en écho du chant de sirène rustique d’Emmylou Harris, ou encore la confession bouleversante de Leave The City, déjà entendue sur Trials & Errors, illuminée par une trompette qu’on imaginerait plus volontiers chez nos amis Herman Düne et avec des paroles de cette trempe: “Broke my heart to leave the city/i mean it broke what was not broken already”, tout est dit. Lorsque Molina chante dès la suivante “it was hard to love a rnan like you”, on a envie de lui répondre qu’effectivement, c’était dur de s’attacher à lui, mais qu’on a enfin compris ce qu’il est en train de construire. Du coup, on scrutera toujours son œuvre avec passion. Ce disque produit par Steve Albini n’en manque pas. L’œuvre de Neil Young non plus.
 Étienne Greib dans magic n°90 de mai 2005
© 2005 magic. Tous droits réservés.

Trois mois à peine après la parution du live "Trials & Errors", la bande de Jason Molina nous revient avec un toujours magnifique album country rock où les guitares disent tout des affres de l’existence dans une pudeur magnifique.
Avec ce second album studio de The Magnolia Electric Co, Jason Molina confirme que la page Songs :Ohia est définitivement tournée après 7 albums réalisés sous ce vocable. Si le nom change, l’esprit de meute demeure car notre homme règne, depuis le milieu des années 90, sur une famille de musiciens qui entrent et sortent, un peu à la manière de Palace. Toujours épaulé à la production par Steve Albini, notre homme tient là un groupe (originaire de Bloomington) en total osmose avec sa sensibilité artistique. Son Crazy Horse Band en quelque sorte, et ce n’est pas rien !
Au chapitre des bonnes nouvelles, ce disque confirme une orientation musicale toujours plus grave et plus dense dans un esprit classic-rock US teinté de couleurs mariachis et d’échos country. La voix chevrotante de Molina fait parfois fortement penser à celle de Will Oldham quand il jouait amplifié. Elle se balade en équilibre sur un fil prête à répondre aux saillies électriques des guitares ou bien à caresser des mélodies acoustiques plus apaisées avec le même frisson.
Molina signe des compositions très personnelles où pointe une forme de vulnérabilité émouvante. Sur "Hard To Love A Man", qui sonne comme du grand Neil Young, Molina n’hésite pas à mettre son âme à nu. Mais l’homme sait aussi prêter la plume et le micro quand cela s’impose. La belle Jennie Benford s’en empare magnifiquement d’ailleurs en signant la très belle ballade "The Night Shift Lullaby", folksong lumineuse hantée par le fantôme de Sandy Denny.
Sur cette nouvelle page discographique, Molina affiche un peu plus ses ambitions d’auteur : parvenir à écrire des chansons intemporelles, capables de lui échapper et de vivre au-delà du répertoire de The Magnolia Electric Co. C’est peut-être cette poésie délicate et fragile, proche du genre Haiku que Molina affectionne particulièrement, qui lui permet d’échapper au carcan de la chronique sociale narrative. Pourtant "What Comes After The Blues" est aussi un disque qui s’inscrit dans une certaine filiation, celle du rock populaire américain du milieu des années 70 incarné par Bruce Springsteen, Neil Young, Bob Seger ou Tom Petty. On retrouve en effet, ce même lyrisme primitif, ce même éclat mélodique et cette faculté divine à faire naître des hymnes instantanés.
Entre blues et rock, entre sud profond et nord urbain, Molina trace une voie singulière à la manière d’un cow-boy lettré, amoureux de Chicago ("Leave The City") et de son père spirituel Hank Williams ("NorthstarBlues"). Les chercheurs d’or ont fait long feu et pourtant, avec The Magnolia Electric Co, nous voici en présence d’une bien belle pépite.

 

Vlad sur PINKUSHION le 25 avril 2005
© 2005 www.pinkushion.com. Tous droits réservés.

lien permanent

Magnolia Electric Co. : Trials And Errors (2005)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:52

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, Magnolia Electric Co. : Trials And Errors (2005)

Genre  :  Country Rock USA
Note :  ***


Jason Molina est un homme soumis. Totalement aux ordres de sa discothèque, à la botte de ses influences. Longtemps, il fut ainsi le caniche de Palace Brothers avec son groupe Songs:Ohia, avant de se rebiffer en beauté et de jouer un rock nettement plus mâle, fiévreux et déglingué. Désormais à la barre agitée de Magnolia Electric C°, il s’est résolument débarrassé d’un son étriqué et d’un chant pleurnichard pour arpenter des espaces américains autrement plus vastes et hantés ; mais il reste un homme sous influence.
Ici, ce sont très clairement Neil Young – son électricité ébouriffée, ses ballades crépusculaires, sa voix chancelante – ou Creedence Clearwater Revival – son rock acharné, sa campagne hostile, son chant des terres – qui ont servi de tuteurs légaux à ces chansons enregistrées sur le fil, lors d’une soirée orageuse à Bruxelles. Mais impossible de pousser droit, sage et raisonnable avec de tels tuteurs : tout en ronces et mauvaises herbes, ces chansons rurales râpent, jurent, s’emportent et cavalent, tentant de semer le Midwest et son désœuvrement avec la bave aux lèvres.
Comme dirait Murat, qui devrait adorer ce rock en flanelle rugueuse : de l’inconvénient d’être né quelque part, entre les marécages de French Creek et les caravanings de Lincoln Park, à Lorain, Ohio.

 

Simon Triquet dans Les inrockuptibles du 19 janvier 2005
© 2005 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.




Sous le pseudonyme de Magnolia Electric Co (titre de l’ultime Lp en date de Songs: Ohia), Trials & Errors incarne l’accomplissement d’un fantasme absolu pour Jason Molina se glisser dans la peau de papa Neil Young le temps d’une tournée marathon. Témoignage de son roadtrip électrique débridé, ce nouvel album se veut la version moderne du Live Rust  Never Sleeps capturé sur la route du Crazy Horse durant l’hiver 1979. Enregistré quatre ans plus tôt, Tonight’s The Night, le pendant studio de Live Rust, demeure l’un des meilleurs disques de tous les temps, dont notre Norman Bates de l'americana ne semble toujours pas parvenir à se remettre. Souhaitons que Trials & Errors, enregistré à Bruxelles en 2003, représente pour lui l’exutoire salutaire qui lui permettra de tordre le cou à ses vieux démons, et enfin s’atteler à des oeuvres un brin plus personnelles. Depuis Amalgamated Sons Of Rest (2002) qu’il enregistra en sa compagnie, Jason Molina ne chante plus comme Will Oldham, et l’on ne saurait dès lors que trop lui conseiller de faire de même avec l’auteur de Zuma — dont le Mirror Ball enregistré avec Pearl Jam témoigne du goût pour les losers — et de passer aux héros suivant sur sa liste, probablement Creedence Clearwater Revival. L’erreur est humaine...

Renaud Paulik dans magic, n°86 de déc./janvier 2005
© 2005  magic. Tous droits réservés.

lien permanent

Jason Molina : Pyramid Electric Co (2004)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:51

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, Jason Molina :  Pyramid Electric Co (2004)

Genre  :  Country Folk USA
Note :  *****


La dépression guette, elle se cache dans un coin de la pièce et pour peu qu'on n'y prête pas attention, elle s'abat sur nous avec le sourire d'un bourreau.
"Mama said son / that's just the cold / that's the emptiness / it's being alone in the dark / you'll get used to it / you'll have friends who won't come home / you'll see their bones / not separate yet from death / But you'll get used to it / we all get used to it".
Ainsi commence ce Pyramid Electric Co., et son titre d'ouverture en forme de sommet. Magnolia Electric Co., le précédent album de Songs: Ohia offrait des bouts d'autoroutes ensoleillés, ici, on a beau chercher un brin d'herbe, rien ne semble pousser dans le désert aride de Jason Molina, si ce n'est peut-être une tristesse qui ressemble de plus à de l'impuissance, mais aussi une colère qui bourgeonne en rage.
Proche dans l'esprit de l'E-P sorti sur Temporary Residence, Pyramid Electric Co. repousse un peu plus loin le minimalisme rampant des précédents disques de Songs: Ohia, et apporte surtout une (très) belle occasion de vérifier que la voix de Jason Molina reste à elle seule un argument de vente incomparable, capable d'arracher des larmes à n'importe quelle personne possédant un coeur. Une guitare en main et un piano à portée de doigts, celle-ci sait se faire fragile malgré une puissance évidente; belle, ténébreuse, sur le fil du rasoir, elle n'a sans doute jamais été autant mise en avant aussi bien. 
Alors on ne saura sans doute jamais ce qui a poussé Jason Molina à reprendre son nom comme on ne saura jamais ce qui motive l'existence de ce disque aussi sombre qu'indispensable, et malgré sa disponibilité réduite (sorti uniquement en vinyle, celui-ci contient... la version CD !), il est à se procurer dans les plus brefs délais afin de le ranger près de son ami d'infortune qu'est Didn't It Rain et ce qui ressemble de plus en plus à une bizarrerie discographique, Magnolia Electric Co.. Trois disques, et coup sur coup, trois disques sublimes. Au talent de Jason Molina, ça aussi, il faudra s'y habituer.

Arnaud G. pour millefeuille.fr le 9 septembre 2004
© 2004 millefeuille.fr Tous droits réservés.

lien permanent

The Magnolia Electric Co : S/T (2003)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:50

Blog de cocosuodo : ~~ lost songs and other blues ~~ les archives rock, The Magnolia Electric Co : S/T   (2003)

Genre  :  Country Rock USA
Note :  ****


Finalement, on a eu tort d’attendre en se rongeant les ongles une hypothétique sortie des fameuses Archives de Neil Young. De fait, on avait sous la main son plus brillant héritier et l’on vient enfin de s’en apercevoir. Jason Molina (puisque c’est de lui qu’il s’agit) aura trop longtemps traîné une sale image de Will Oldham du pauvre. Mais depuis The Lioness, enregistré en compagnie des comiques-troupiers d’Arab Strap (un disque qu’il faut écouter sous la tempête pour vraiment comprendre le sens du mot dépression), Didn’t It Rain, son précédent et excellent fait d’armes, et surtout le phénoménal album d’Amalgamated Sons Of Rest (en compagnie de Will Oldham et d’Ali Roberts), on n’a d’yeux que pour lui. Soyons clairs, dithyrambiques et à la limite de l’autoritarisme obnubilé : The Magnolia Electric est d’ores et déjà le meilleur disque de l’année. Sa force de persuasion est tellement énorme qu’on n’imagine pas un seul instant qu’il ne tienne pas un siège permanent dans notre coeur et nos oreilles jusqu’à la fin de 2003. Jason Molina et sa troupe se placent avec force et honneur en pole-position de l’Americana sur la piste des Neil Young, Creedence Clearwater Revival, Bob Seger, Hank Williams et autres Lynyrd Skynyrd. Cet album est tellement prodigieux qu’il aurait dû s’appeler Zuma Part 2. Et ce n’est pas seulement la gémellité vocale entre Young et Molina qui rend évidente cette constatation. Il y a là une vision artistique évidente, des aspirations hors du commun, une capacité de synthèse de la grande musique américaine, une propension à souffler sur ses braises, à en rallumer le foyer pour une éternité. Qu’il sonne à la première écoute comme un joyau d’une autre époque ne surprendra que les simples d’esprits. The Magnolia Electric Co est plus qu’un disque de guitares (électriques ou non), c’est un tour de force, un résumé de leur limpide universalité. Lequel ouvre désormais la porte d’un cercle très fermé à Jason Molina.

Étienne Greib dans magic, n°69 de mars 2003
© 2003  magic. Tous droits réservés.




Dans le merveilleux film The Big Lebowski, The Dude, ultime symbole de l’improbable coolitude white-trash yankee, écoute Creedence dans sa voiture rouillée, un joint aux lèvres. Elégance. Aujourd’hui, il écouterait ce Magnolia Electric Co., immense disque de rock prolo américain, élevé en trailer-park, éduqué à la télévision d’Etat et à la littérature fauchée.
Autrefois caniche de la famille Palace, Songs: Ohia se démarque définitivement de ces chants brûlés pour un rock rugueux, rural, fiévreux. Il faut ainsi entendre l’épique I’ve Been Riding With The Ghost pour se convaincre que cette country autrefois chétive, fragile, et à l’occasion geignarde, s’est mise aux alcools forts, aux sensations mâles et au rock poilu.
De Bob Seger à Lynyrd Skynyrd, tout le rock mal luné, mal coiffé, mal pensé des profondeurs provinciales d’Amérique vient ici prêter main-forte à l’inspiration de Jason Molina, qui atteint régulièrement l’acuité visuelle et la précision journalistique du Springsteen de Nebraska ou du Eminem de Marshall Mathers. C’est Steve Albini qui, derrière sa table de mixage en bois d’époque, canalise l’électricité mauvaise, la mélancolie vénéneuse, la chorale virile et ces rocks amochés, lents et sérieusement burnés.
Et tout ce cirque devrait virer à la parodie, à la BO-bis d’Almost Famous, à la reconstitution minutieuse et historique d’une Amérique fantasmée, entre Easy Rider et Brautigan... Mais non : pas de chiqué ici, juste des chansons intenses, intimes, vécues de l’intérieur avec une rare force de conviction. Attention, cet album transforme votre Clio en vieille Pontiac cabossée, votre appartement en caravane, et votre café du coin en repaire borgne pour bikers massifs et brunes lascives. Vieille classe. 

Jean-Daniel Beauvallet dans Les inrockuptibles du 02 avril 2003
© 2003 Les Inrockuptibles Multimedia. Tous droits réservés.




Dixième album (déjà !) du collectif néocountry dirigé par l’ex heavy metalleux Jason Molina. Le groupe phare du label Secretly Canadian propose toujours le même avoir-faire et bonifie sa formule avec le temps, avec un chouillas d’émotion qui pourrait bien faire la différence cette fois-ci.
La somme pléthorique d’albums sortis depuis six ans par Jason Molina sous le pseudo Songs: Ohia ou autres (Songs : Albian, Songs : Radix et Songs : Unitas) ne trompe pas pourtant sur la marchandise du bonhomme. Le résultat est, en gros, toujours le même, à savoir une néocountry que l’on a souvent comparé à Palace, agrémentée d’un accent neilyoungesque 70’s bien avancé. Des remarques qui ont souvent penché en sa défaveur d’ailleurs. Visiblement, Jason Molina semble autant prendre en considérations ces reproches que son peu d’intérêt pour la dernière vague électro à la mode. Et c’est temps mieux !
Songs : Ohia use du même principe artistique que Will Oldham en s’acoquinant avec d’autres musiciens pour chaque nouvel album (remember The Lioness avec les Arab Strap, voir aussi justement avec l’ex-maestro de Palace). La seule différence notable, c’est que les musiciens de sessions réquisitionnés sur The Magnolia Electric Co, se sont mués en un réel collectif. En plus d’avoir fait appel à Steve Albini pour ces talents d’alchimiste du son, Jason Molina s’est aussi entouré d’une tribu de neufs musiciens (dont trois chanteurs) à rendre jaloux la chorale dévergondée de The Polyphonic Spree. Enregistré dans des conditions quasi "live", et de main de maître par Steve Albini dans son Electrical Audio Studio à Chicago, l’orchestre présent ici est la même que sur l’album live Mi Sei Apparaso Come Un Fantasma Italian (2001). Mis à part les habituelles interventions féminines, Molina laisse Lawrence Peters s’époumoner sur un titre "The Old Black Hen", mémorable de retenu, à mi-chemin entre Fairport Convention et Graham Parsons.
Dès les premières notes de lap steel sur "Farewell Transmission" on sait que l’on naviguera dans les eaux americana bien balisées. Le bottleneck trace son chemin et nous accompagne dans notre périple tout au long de ce disque. L’ensemble oscille entre ballades flokloriques et morceaux mi-tempo marécageux. Sur "I’ve Been Riding with the Ghost", la voix de Molina est troublante de ressemblance avec le "Loner", si bien que l’on jurerait avoir affaire à un inédit de première facture. Le reste des titres chantés par le maître des lieux est du même acabit. Sur "John Henry Split My Heart", la Lap Steel se fait plus rugueuse et fait communion avec les riffs tordues des Les Paul. "Hold On Magnolia" termine l’album sur une note plaintive, le long de sept minutes mêlant étroitement guitare claire, violon soliste et toujours cette lap steel poignante et inspirée.
Certains vont crier au plagiat sans vergogne, d’autres verront en Jason Molina un songwriter doué, capable de rivaliser sur le même terrain que Neil Young période Tonight’s The Night et Zuma. A l’heure où la carrière du vieux Young commence à s’essouffler (enfin, il nous a déjà fait le coup à la fain des années 80, puis à sorti coup sur coup une torché de chef d’oeuvres...)et que son coffret rétrospectif se fait toujours attendre, The Magnolia Electric Co semble une alternative idéale. D’autant plus qu’on a certainement affaire à un des meilleurs albums dans le genre. Ce qui n’est pas une mince affaire, vu le poids assommant de l’héritage.

Paul-Ramone sur PINKUSHION le 17 mars 2003
© 2003 www.pinkushion.com. Tous droits réservés.




L'année 2003 semble décidement marquée par la qualité des disques qui sortent... mais aussi par l'hideuse apparence des dits disques. Ce nouvel effort de Songs: Ohia risque bien de gagner quelque laurier dans les deux catégories. Pendant que Brian Molko dort avec avec un fantome, Jason Molina, le cerveau du groupe (pour ne pas dire le seul maître à bord), lui le chevauche sur le deuxième titre de ce nouvel album de Songs: Ohia. La différence est anecdotiquement métaphorique, mais qui échangerait un disque de Songs: Ohia contre un baril de Placebo ? Le songwriter laisse ici exploser toute sa classe et son savoir faire dans un mélange de styles (rock, folk, country) qui fleure bon le terroir américain comme on l'aime. Difficile de reconnaitre les longues berceuses plaintives de "The Lioness", le son est ici beaucoup plus clean et les chansons moins torturées. Dès les premières notes slidées de Farewell Transmission, on a l'impression de retrouver un vieux disque qu'on a adoré pendant des années avant de l'oublier completement dans son grenier tant tout sonne immédiatement comme du pain béni. Molina nous mène inconsciement sur le terrain sec du "Viva Last Blues" de Palace pour défier Will Oldham sur sa contrée (difficile en effet de ne pas comparer les deux voix). Ce duel mené a bien, on aura ensuite droit à une formidable séance de domptage d'électricité sur John Henry Split My Heart où Molina, en savant fou improbable, croise dans une éprouvette au volume poussée à 11 les déflagrations guitaristiques du Words de Neil Young et Broken Chairs de Built To Spill. On a déja vu pire. Seul petit bémol, un The Old Black Hen trop countrysant pour être honnête, que Molina a l'intelligence de ne pas chanter lui-même. L'anglaise Scout Niblett démontrant pourtant que Songs: Ohia chanté par autre que Molina ne mène pas forcément au flop.

Éric F. sur millefeuille le 14 juillet 2003
© 2003 www.millefeuille.fr. Tous droits réservés.

lien permanent