Songs: Ohia - Impala (1998)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:31

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Genre  :  Country Folk USA
Note :  *****


Difficile de faire plus intimiste que les albums de Songs: Ohia, et notamment que ce Impala. Composé principalement autour de la voix et de la guitare de Jason Molina, chacun des treize titres proposés dans cet album baigne dans une mélancolie rarement atteinte, et leur interprétation autour d'une guitare acoustique apporte un côté lancinant à l'affaire sans pour autant la desservir. Dès "An Ace Unable To Change", Jason Molina nous plonge dans son univers obsédant; après quoi il sera bien difficile d'en ressortir tant le songwriter et chanteur fait d'ores et déjà preuve de sensibilité se confondant presque au sein d'un malaise presque palpable.
Se complaisant dans un calme des plus agréables, Impala séduit donc par sa simplicité chargée d'émotions. Jason Molina semble ici se montrer à nu, sans artifice. Totalement dépouillées de part leur construction, les chansons mettent en avant les doutes et les interrogations d'un homme en proie à ses démons les plus forts.
Ainsi, Songs: Ohia se lance dans un genre coutumier de nombreux groupes mais parvient néanmoins à tirer son épingle du jeu grâce à des compositions possédant un charme indéniable dû à cette mélancolie manifeste et séduisante.

 par X_Jpbowersock sur www.xsilence.net

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Songs: Ohia --- Our Golden Ratio E-P (1998)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:30

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Genre  :  Country Folk USA
Note :  ***


Présenté comme un cousin germain de Will "Bonnie Prince Billy" Oldham, Jason Molina n’a jamais vraiment convaincu. A l’écoute, pénible, de ce maxi de Songs : Ohia délocalisé en terre ibérique chez Acuarela, on comprend un peu pourquoi. Mettre de la passion dans la monochrome country n’est pas vraiment son point fort. On attendra tout de même le bonhomme au tournant puisqu’il semble savoir écrire une chanson.

Etienne Greib dans magic! n°25 de décembre 1998
© 1998 magic. Tous droits réservés.

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Songs: Ohia --- Hecla And Griper (1997)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:14

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Genre  :  Country Folk USA
Note :  ***


Songs: Ohia, c’est encore et toujours l’histoire de l’Ouest : les vols de chevaux et les hommes tristes quand la journée s’achève sur le feu de camp. Ainsi, Jason Molina fait un très convaincant homme des hautes plaines quand, de jour, il chaparde les bêtes laissées en liberté par Palace. Mais le soir, Jason Molina fait plutôt l’homme des grands canyons, le moral au fond des gouffres. Là, il s’en veut, le cowboy. Et relâche les bêtes, qui détalent, furieuses, blessées certaines. Et ainsi vont les chansons de Songs: Ohia : elles volent, puis décollent. Bizarre que ce groupe, qui s’enivre le mieux quand il n’est pas accompagné de ses encombrants tuteurs, finisse toujours par retomber dans leurs bras. Il faut dire que Jason Molina est né avec une malédiction : la voix jumelle de Will Oldham. On a beau avoir envie de s’affranchir, on ne peut pas aller très loin quand on est ainsi marqué au fer rouge. Alors ces chansons finissent toujours par se rendre : Easts Last Heart ou Defenders, les armes au sol, font ainsi de très belles chutes de There Is No-one What Will Take Care Of You. Des prisonnières d’un Palace aux allures imprenables de Fort Apache.  

 

Simon Triquet dans Les inrockuptibles n°139 du 18 février 1998
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Songs: Ohia --- S/T (1997)  posté le mercredi 10 mai 2006 20:11

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Genre  :  Country Folk USA
Note :  ****


Dans la prairie cramée, Palace a laissé des enfants. En quelques singles, les Songs: Ohia de Jason Molina sont devenus les plus crédibles gardiens du ranch Oldham, marquant leur country-folk lancinante d’un fer rouge de leur invention : “Prairie death ballads”. Ça aurait de la gueule, chez votre disquaire, un bac “Prairie death ballads”. On y mettrait le Neil Young de Everybodys Knows This Is Nowhere, plein de Johnny Cash, quelques Guy Clark, absolument tous les Townes Van Zandt, Lambchop, Sparklehorse, les Scud Mountain Boys, Palace et tous ces disques qui, depuis des années, s’attaquent à notre moral au lasso. De tous ces albums, Songs: Ohia n’en a écouté qu’un, jusqu’à en connaître par coeur chaque recoin (ils sont nombreux, sombres et assez vastes pour abriter de terrifiants démons) : le There’s No-one What Will Take Care Of You des Palace Brothers. On reconnaît ainsi cette voix qui tremblote comme si elle avait la corde autour du cou et la conscience pas tranquille, ce banjo au moral abîmé, ces guitares épuisées, desséchées par la traversée du désert, ces mélodies pas bavardes, pas bien riches, habillées de mauvaise étoffe. Celle des zéros, des oubliés définitifs de l’imagerie Marlboro.  Mais Songs: Ohia n’est pas à Palace ce que No Way Sis est à Oasis. Jason Molina a visiblement trop de fissures à colmater (Dogwood Gap ou le magnifique White Sulfur) pour adopter commodément celles d’autrui, pour plonger dans le nombril du voisin et faire les poches de sa mélancolie. Tout ici sonne juste — Satriani dirait faux —, vécu de l’intérieur, aussi peu éclairé soit-il. Alors que depuis les Pixies, puis Nirvana, le rock américain ne fonctionnait qu’à la dynamite, à la dynamique (l’effet élastique, un coup relâché, un coup tendu), il traîne ici ses sabots avec nonchalance, les chansons grimpant sans spectacle, à petits effets (la batterie se fait battre au lieu de se faire fouetter ; une trompette sort des cavernes ; la basse hausse le ton ; la voix, partie du fond du trou, descend encore plus bas). Et exactement comme chez le Nick Cave de The Boatman’s Call ou le Smog époustouflant de Red Apple Falls, ces petites variations — un nuage passe, le soleil perce — donnent une dérangeante impression de fourmillement à cette nature apparemment morte. 

 

Jean-Daniel Beauvallet dans Les inrockuptibles n°106 du 03 juin 1997
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